dimanche 8 décembre 2013

Grande salle de l'Hôtel de ville

Nous n'avons ni neige, ni froid. Les fêtes sont annoncés par les délicieux fruits dont les étals sont remplis maintenant à un prix raisonnable et par les spectacles de fin d'année dans lesquels nos deux derniers enfants se produisent.
Gustave a chanté, lundi, avec les classes à horaires aménagés musique mené par Evie Grondin, adulée par les enfants et devant les parents par avance conquis.
Samedi, toujours dans la magnifique Grande Salle de l'Hôtel de Ville, Philippine et l'orchestre Marmaille de l'école de Musique Loulou Pitou a joué Mozart puis du jazz et du blues. Ensuite le Quartet Saxo nous a régalé avec des morceaux connus de jazz bands américains des années quarante et cinquante. Enfin l'Ensemble Jazz Vocal, encore sous la direction d'Evie, et avec l'accompagnement à la flûte de Mathilde Quarré qui est aussi la professeur de Philippine a clos cette belle soirée musicale.
Philippine sera en trio vendredi avec flûte et piano à son école de musique.
Nous aimons ces moments qui sont les prémices d'autres joies à venir avec la venue du Père Noël et de la nouvelle année.



samedi 30 novembre 2013

Transports en commun à La Réunion

La Réunion est le pays de la voiture reine.
De belles auto récentes et puissantes sillonnes les routes limitées au maximum à 110km/h. Le tunning est largement répandu et l'on croise de vraies réussites esthétiques dans ce domaine. Les rallyes automobiles foisonnent et les meilleurs pilotes sont des stars locales engloutissant une partie de leurs moyens dans la préparation de leur bolide.
La voiture est prioritaire quelle que soit les circonstances. Les organisateurs de courses à pied ne coupent jamais la circulation pour leurs événements et les conducteurs semblent ignorer les passages piétons.
Les routes sont très bien entretenues jusque dans les hauts villages isolés. La route des tamarins qui fut le plus grand chantier d'Europe pendant plusieurs années est à la fois une nécessité et la grandeur le l'île, symbole de sa modernité et de son développement..
La nouvelle route du littorale la battra largement dans la démesure : 12 km de route planant au dessus de l'eau à quelques dizaines de mètres de la côte pour remplacer l'existante soumise aux dangereuses chutes de rochers de la falaise. Le coût au kilomètre est exorbitant et, dit-on, le plus cher au monde.Son montant sera doublé comme il est d'usage dans ces chantiers gigantesques techniquement innovant et nourris de l'argent public.


Le réunionnais aime sa voiture et délaisse les transports publics. Le train a été abandonné il y a longtemps faute de rentabilité. Il reste cette vieille locomotive à vapeur à La grande Chaloupe et une Micheline qu'une association de passionnés tente d'entretenir. Le réseau des bus existe pourtant. On va partout dans l'île grâce à eux pour un tarif raisonnable. Qui emprunte ce moyen de transport collectif fiable? En simplifiant on croise les lycéens, les étudiants (de plus en plus rares), quelques travailleurs, les personnes âgées, les pauvres et les Mahorais sans permis ni voiture.
La première compagnie prend le bus quelques fois pour se rendre aux centres de formation où il dispense son savoir-faire. Ce n'est pas le cas des stagiaires. la semaine dernière, devançant la question, un apprenant arrivé en retard pour une évaluation s'excuse et précise
- Ma voiture est en panne en ce moment. J'ai attendu mon transport.
- Pourquoi ne prenez vous pas le bus ? Vous seriez arrivez à 7h45 ce matin et l’arrêt est tout proche du centre de formation.
- Je ne prends pas le bus, Monsieur ! précise le jeune avec une mou dédaigneuse.
Intrigué, il demande à ses coreligionnaires s'ils ont le même dédain pour ce mode de transport. La réponse est unanime. On se s'abaisse pas à emprunter les transports en commun. L'ascension sociale pour ces futurs titulaires d'un Titre Professionnel de niveau III se mesure à la possession d'une automobile et à l'abandon des transports collectifs où les odeurs de la plèbe se mélangent. On comprends mieux pourquoi l’électeur ne tiendra pas rigueur au Président de La Région de ne pas tenir sa promesse de financer l'achat de cinq mille bus pour faciliter le transport des habitants, réduire les embouteillages et la pollution. S'il parvient à faire démarrer le chantier de la nouvelle route du littoral, la fierté créole s'exprimera pleinement. Assis seul dans une voiture neuve climatisée achetée à crédit, sur le bandeau d'asphalte enjambant les flots en sécurité malgré la houle, le regard du conducteur portera loin jusqu'à l'entrée de Saint-Denis bouchonnée.
Plus excitant que les tunnels du Tram-Train, projet arrêté juste avant son démarrage, n'est-ce pas ?

dimanche 24 novembre 2013

Dans un mois Noël à La Réunion

Noel sous les tropiques reste un événement étrange. Nous nous sommes habitués à tout, rien ne nous manque de la métropole sauf fêter Noël en famille dans l'hiver. Nous avions eu cette joie l'an passé. Alors une fois encore, il nous faudra beaucoup de juteuses mangues, de litchis sucrés et de magnifiques flamboyants en fleurs pour estomper quelque peu la douce nostalgie des rencontres familiales au pied du sapin.
Aujourd'hui, nous avons décoré le faux épicéa en plastique alors que nous nous contentions habituellement d'un Baobab en raphia rouge et vert. Il ne neigera pas, les magasins opterons pour des vitrines festives minimalistes (difficile de mettre des flocons blancs sur les carreaux alors qu'il fait 30°C !) et le père Noel des grandes surface vers lequel les enfants se précipiteront sera moite et transpirant sous son costume.
Amis et famille de métropole nous comptons sur vous préparer comme il se doit les fêtes de fin d'année. Nous penserons à vous en sirotant un rhum arrangé les pieds dans le sable chaud le 24 décembre.
Bises tropicales !



dimanche 3 novembre 2013

Une année de sécheresse à La Réunion

Le temps est sec, anormalement sans pluie.
Depuis cinquante ans que la hauteur des précipitations est enregistrée régulièrement à La Réunion, jamais il n'avait aussi peu plu. (Voir l'analyse de la situation par Météo France, ici)

A Saint-Denis, où nous résidons, c'est la première des cinq débuts d'année scolaire vécues où nous n'avons pas été surpris par une averse qui nous trempent en quelques instants.
Paradoxalement, c'est dans l'est de l'île, la partie la plus humide que la sécheresse se fait le plus sentir, les court d'eau sont bas, les cascades ne coulent plus. Certaines communes rationnent l'eau dans la journée. A l'ouest, on a plus l'habitude des mois sans eau. Le préfet a émis un arrêté d'interdiction d'arrosage des jardins privés sur tout le territoire.


La contemplation de la nature est spectaculaire et symptomatique de la crise hydrique. L'herbe est jaune quand elle n'a pas disparue, les arbres et plantes souffrent et certains meurent.

Paysage de l'ouest, la savane

Les nuages sont pourtant bien là, annonciateurs du changement de saison. La semaine dernière, enfin, une pluie tropicale est tombée à Saint-Denis et l'est a subi de vraies précipitations pendant de longues heures.
Nous sommes tous impatients de voir l'eau abondamment couler du ciel et rendre aux plantes tropicales leurs couleurs et vigueur.

dimanche 27 octobre 2013

Un Séjour à la Réunion

L’effervescence autour de la Mascareignes et de la performance d'Ln nous a fait passer au second plan la visite de notre ami Marcel. Last but not least, nous lui rendons hommage aujourd'hui.
Nous avons déjà parlé de notre voisin de la rue Babou Salama à Cavani sur notre blog mahorais (les liens au pied de l'article).
Rencontré pour la première fois autour d'une problématique de boite aux lettres, nous avons découvert l'artiste. A Mayotte, tout était plus accessible ; la peinture était toute proche, de l'autre côté de la séparation en coco tressé. Les années ont passé et nous sommes toujours liés. Résumer Marcel à sa peinture serait réducteur. Il y a l'homme sensible, généreux et sa pensée souvent à contre courant du diktat dominant est soutenue par une grande culture et un raisonnement pertinent. Il sait écrire; ses billets sont bons comme ses toiles parce qu'ils nous invitent à réfléchir.
Ainsi, Marcel Séjour est venu à La Réunion en provenance de Mayotte. Le but de cette courte escapade de cinq jours était de nous voir, d'acheter trois bricoles qu'on ne trouve pas sur l'île aux parfums, de s’imprégner d'images locales qui pourront servir de thème pour des productions picturales à venir et d'initier des contacts pour une exposition. Nous avons profité de sa venue pour remettre une toile sur son châssis que la première compagnie s'était offert il y a dix huit mois lors de son dernier voyage à Mayotte. Et surtout, Marcel avait une mission de la plus grande importance : ramener, pour Ln, un pack de Hipo, la bière de Mayotte et la seule qu'elle apprécie. Et, après une semaine d'attente, au lendemain de sa course, elle a savouré le malt d'orge et le houblon qui la compose.
Si les projets de Marcel se concrétisent, il nous sera donné l'occasion de le revoir chez nous et de partager cette fois-la Hipo avec notre hôte.



Les tableaux et les réflexions de Marcel sont !
Une vidéo sur le bonhomme ici !

Liens ayant pour sujet Marcel sur le blog "Île usions Mahoraises" :
http://ilusionmahoraise.blogspot.com/2009/06/epilogue-dominical.html
http://ilusionmahoraise.blogspot.com/2008/06/artiste-de-mayotte.html
http://ilusionmahoraise.blogspot.com/2008/04/atelier-dartiste.html
http://ilusionmahoraise.blogspot.com/2007/10/peinture-encore.html
http://ilusionmahoraise.blogspot.com/2007/05/bienvenue-chez-nous.html
http://ilusionmahoraise.blogspot.com/2007/04/la-barge.html
http://ilusionmahoraise.blogspot.com/2010/03/chez-marcel.html






dimanche 20 octobre 2013

Ln sur la Mascareignes 2013

Vendredi 18 octobre 2013 fut le jour le plus important d'Ln dans sa vie de sportive.

La journée a commencé à 00h30 par le levé et un petit déjeuner normal. Elle a réveillé la première compagnie qui l’emmène à l'Eglise de la Délivrance, lieu du rendez vous pour monter dans un minibus chargé de Déniviens, fringants et équipés magnifiquement qui partent pour Hell-Bourg.
Arrivée moins d'une heure avant le départ, notre coureuse préférée n'a pas eu le temps de ronger son frein; pointage, contrôle des sacs, quelques échauffements et la voilà lâchée sur le sentier, une lampe frontale ajustée sur la tête, l'autre dans une main pour éclairer devant ses pieds. Il est 4h00.
Ses sensations sont bonnes dans la montée qui mène au sentier Scout. Elle y retrouve la première compagnie dans une petite foule très excitée par le passage de la premières des trois courses du week-end. Changement de chaussures, de chaussettes, de tee-shirt, elle repart pour une longue descente jusqu'à deux bras qui représente la principale difficulté en termes de barrière horaire. Ln n'apprécie pas les descentes. Un mélange de manque de technique et d'appréhension lui fait perdre tout le gain obtenu dans les montées.
A distance, la magie de l’électronique permet de la suivre et de nous rassurer. Elle passe deux bras trente minutes avant la fermeture du poste.





Nous la retrouvons avec quelques autres suiveurs à Dos d’Âne. L'ambiance est terrible à cet endroit. Les supporters, nombreux,  hurlent les prénoms de chaque coureur à leur passage. Un orchestre improvisé donne le rythme du Maloya à tous. Ln avale un peu de pain et du chocolat, se fait masser rapidement par son z'hom et repart pour la deuxième moitié de la course qu'elle sait compliquée.


Lorqu'elle arrive à la Possession, le visage tendu, les premiers mots sont : "J’arrête !". La formidable équipe d'assistance du club s'occupe d'elle façon "team de F1". Une masseuse à chaque jambe, deux équipiers pour l'eau et le solide. Un autre pour le changement de chaussettes, de t-Shirt; nettoyage succin des bras, du visage et du cou, elle quitte le poste magnifiquement requinquée en lançant "Ça fait plaisir de vous voir".
La première compagnie la retrouve à la fin jour à la Grande Chaloupe où, il n'est plus question d’arrêter bien que cela soit vraiment dur d'avancer. Il reste moins de treize kilomètres avec une dernière montée sur un ancien chemin empierré. La première compagnie la laisse s'enfoncer dans la nuit.


Au Colorado, elle tombe sur notre cousine venue en voisine lui faire une surprise et l'encourager avant la dernière descente vers le stade de la Redoute. Il lui faudra un courage immense pour ces derniers kilomètres. A quelques hectomètres, elle est dépassé par un grand jeune homme. Entendant son pas, elle s'écarte. "Merci Madame !". Sans le savoir, elle vient de croiser le vainqueur du Grand Raid.
Au stade, les groupies l'attendent. Lorsqu'elle parait à l'entrée du stade, elle ne tourne pas la tête vers le public bien que nous l'interpellions avec force; les efforts pour courir les derniers mètres avant la ligne semblent mobiliser toute sa dernière énergie après 18h et 20 minutes de course.
Lorsqu'elle nous voit, au delà du portique d'arrivée, le t-shirt de finisher à la main et une médaille autour du cou, les larmes lui viennent. Elle n'est pas contente de sa course.
Nous savons qu'il lui faudra d'abord récupérer quelques temps avant de savourer cette performance.C'est son premier raid d'envergure  : 67km, 4000m D+. Sur 1400 au départ, moins de neuf cent sont classés. 756ème, elle est 44ème dans sa catégorie.







Bravo Ln, la bière Hipo de Mayotte est méritée !













samedi 5 octobre 2013

Homme orchestre

Ce samedi résume bien les activités variées de la première compagnie.


Lever avec le soleil, il a adopté le dress-code du cadre dynamique. Il s'agissait pour lui de faire passer des oraux à six étudiants en deuxième année de classe préparatoire aux grandes écoles du lycée Bellepierre où oeuvre Ln. Par hasard, une des candidates avait été son élève il y a quatre ans. Sans le savoir, la demoiselle d'une famille connue de la Réunion a subi le jugement des deux David. Pour leur premier oral, ils ont été à la hauteur dans l'ensemble. Les deux élèves issus de la filière technologique était particulièrement intéressants dans l'exposé de leur personnalité. Cette fonction bénévole au profit de la jeunesse est un plaisir renouvelé trois fois par an.


Après une sieste réparatrice (l'engagement mental pour écouter, poser des questions, analyser et donner un compte rendu constructif à chacun est réel), changement de costume ! Les frusques les plus élimées sur son corps de sportif affûté, il s'agissait fois-ci de terminer le premier poteaux de la façade. La mission fut remplie au moment où le muezzin appelait les fidèles à la prière marquant la fin du jour. Voilà donc un poteau de deux mètres posé sur cinquante centimètres de fondation, ferraillé et bétonné. Il devra supporter un portail coulissant...dans quelques mois ! Notre homme n'est guère rapide, manquant singulièrement d'adresse dans le maniement de la truelle et du mortier. L'ouvrage est presque d'équerre. La suite consiste à élever le mur à la gauche du poteau. Dimanche, quelques blocs seront posés, mais pas trop. Il s'agit de garder de l’énergie pour le sport, activité qui aura manqué ce jour.