Courir le marathon à Chicago n'était pas dans mes plans de marathons internationaux à priori. Une discussion à l'issue de celui de Berlin l'an passée avec un français me fit découvrir l'existence d'une ligue regroupant six marathons dont celui de Chicago. Obtenir la médaille des six marathons de la ligue devient alors un objectif.
Inscrit un an à l'avance grâce au temps de qualification réalisé à Berlin, j'ai longuement préparé cette course dans mon club Deniv' avec de bons temps sur dix et un très bon semi au début juillet. J'emmène dans mon aventure sportive, deux camarades de club.
J'avais décidé d'arriver tôt à Chicago pour m'acclimater et effacer les neuf heure de décalage horaire. Chicago est une ville immense. Son centre spectaculaire est posé le long du lac Michigan.
Arrivé lundi soir, je découvre le quartier ou je réside. L'appartement est dans un maison situés entre deux quartiers : l'un black, l'autre latinos. Effectivement pendant deux jours, je n'ai pas vu un blanc. Les maisons sont plutôt jolies, pas toujours en bon état et sont symboliques de l'histoire récente de la ville de Chicago. C'était un quartier résidentiel de la classe moyenne, déserté pendant la longue crise de la ville et occupé ensuite par les minorités.
Mercredi, je vais chercher mes dalons* de course à l'aéroport. Pour m'y rendre, je teste les transports en commun qui sont efficaces, propres et bon marché.
Jeudi, il fait froid (alors que la veille il faisait chaud), il y a du vent. Je découvre le surnom de la ville "Windy town". Nous allons en bateau sur la rivière et le lac pour découvrir la ville. L'architecture est magnifique. Les différentes époques des hauts gratte-ciels se côtoient, Chicago est réputé pour son école d'architecture. A noter que la Trump Tower est la seule à afficher de façon si ostentatoire le nom de son propriétaire sur sa façade...
Vendredi, un long tour à l'expo marathon pour les dossards et les emplettes occupent notre journée.
Samedi, les filles vont courir la course des 5km dans le Loop pendant que je fais ma dernière courte séance. Pendant la demi-heure de footing au nord de notre logement, je ne croise que des afro-américains ; tous me souhaitent une bonne matinée. On est très loin de l'image caricaturale de ces quartiers défavorisés. Le reste de la journée est consacrée à se reposer, s'étirer et à préparer les affaires de course.
Dimanche, le temps est incertain, la température a chuté. Nous nous rendons dans le parc qui accueille le départ et l'arrivée, il subit le vent frais du nord-est qui vient du lac.
A 7h30 pile le départ et donné et je passe la ligne de départ à peine 7 minutes plus tard. Sachant que le GPS est inopérant au pied des grandes tours, j'attends le passage du premier mile pour connaitre mon allure : 7'26'', pile sur l'objectif ! Je laisse mon corps faire, il a intégré l'allure grâce à l'entraînement. Effectivement, jusqu'au quinzième kilomètre, il tourne comme une horloge. Le coeur est calé à 148 pulsations par minute soit légèrement en dessous du rythme théorique, sans doute parce qu'il fait frais. Il a commencé à pleuvoir alors que la longue file des 45000 coureurs s'entend vers le nord. Je bois à tous les ravitaillements qui sont nombreux. Je me sens bien sans être enthousiaste et profite peu de l'ambiance. Je gère parfaitement une légère pointe au mollet droit apparue à la poussée dans un virage. Je me détends, respire profondément et change sur quelques centaines de mètre ma foulée. La sensation passe vite.
Assez brutalement une douleur apparait au psoas gauche. J'ai déjà eu ce problème sur le marathon de Saint-Paul. En 2014, elle était passée après 10km. Je ne panique donc pas. Si j'arrive au semi pile dans le temps, j'ai perdu la poignée de secondes d'avance. La course revient dans le centre ville ou l'ambiance est à son comble. Partout la foule nombreuse crie, agite les cloches, brandit des pancartes de soutien dont beaucoup sont peine d'humour faisant référence à l'actualité politique.
La douleur est plus intense et m'empêche maintenant de courir avec aisance. Si je me force à prendre un gel et a continuer de boire, je me suis mis en mode survie. Il s'agit maintenant de finir et d'oublier le chrono. Au 25ème, le psoas droit s'y met, sans doute pour ne pas laisser son compère seul dans son entreprise de démolition de ma course. J'ai vraiment mal et pourtant je ne trouve pas le temps long. Je tape dans les mains des spectateurs pour soulager mon esprit concentré sur mes jambes endolories. Cela me fait du bien sur tellement peu de distance que je me retrouve rapidement à me focaliser sur la seule chose importante : mettre un pied devant l'autre en courant. Il pleut à nouveau faiblement, le flots de coureurs défilent, indifférent à ma peine. Chacun est dans sa bulle dans ce dernier tiers de course. Nous passons en direction du sud, dans les divers quartiers ethniques dont le typique Chinatown ou l'ambiance ne faiblit pas malgré les mauvaises conditions météo pour les spectateurs.
Le retour vers le centre ville n'améliore pas mon état, l'allure baisse régulièrement. Au 35ème, je sais que je vais aller au bout. 40ème, dernier mile, 800m, les panneaux indiquant la distance à l'arrivée sont comme autant de bouée de sauvetage auxquelles s'accrocher. Un dernier faux plat du à un petit pont me tire un cri, j'arrive à peine à lever les genoux ! 400m, 300m, 200m, 100m et la ligne qui s'offre à mes dernières foulées. Je lève les bras car il faut accepter la vérité du jour. 3h41 et quelques secondes. Marcher jusqu'au point de rendez-vous est une épreuve terrible car le mal est là. Je serais soulagé en partie lorsque, assis, je me change pour ne pas attraper froid. Le maillot et le short sont restés humides presque toute la course, il y a peut être un lien...
J'ai couru plus vite et d'autre fois plus lentement. J'ai cinquante ans et je peux encore faire un marathon. Cette course garde beaucoup de son mystère, tout peut y arriver et c'est pour cela que je l'apprécie. Boston, New-York et Tokyo sont mes prochains objectifs.
*dalons : camarades en Créole.
Les pérégrinations de la Famille David dans l'océan Indien ou comment après Mayotte vivre à La Réunion.
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lundi 8 octobre 2018
mardi 26 septembre 2017
Marathon de Berlin 2017
Si j’avais du écrire ce récit immédiatement après la course, il aurait été sensiblement différent. Les idées négatives étaient présentes sur le fin du parcours et quelques temps après avoir franchi la ligne d’arrivée.
J’ai commencé à parler du marathon de Berlin en janvier 2016. Je ne l’avais jamais couru, cela aurait été ma dernière course en Masters 1 et surtout c’est un parcours et des conditions idéales pour performer. Je m’y suis inscris avec le projet ambitieux de battre mon record (3h16’55’’).
J’ai effectué la préparation la plus exigeante qui soit et elle s’est bien déroulée puisque j’ai retrouvé sur des séances de fractionné des temps d’il y a quatorze ans, ma meilleure année. J’ai perdu du poids et ajouté une préparation mentale. L’hiver austral aux températures tempérées a été propice à ces résultats encourageants.
Dans mon voyage, j’ai embarqué une camarade de club qui rêvait de franchir la porte de Brandenburg en courant.
Je suis arrivé à Berlin après un sas de récupération de trois jours à Paris ; le vol de plus de onze heures de La Réunion est un vrai casse-pattes. J’ai retrouvé beaucoup d’amis en région parisienne ce qui a donné un motif de satisfaction supplémentaire à ce périple sportif. On a été très chaleureux avec moi.
A Berlin, le dossard a été retiré dès vendredi pour éviter les longues queues du lendemain au salon du marathon qui ne présentait aucun intérêt.
Samedi a consisté, comme il se doit, à ne rien faire…si ce n’est une courte sortie pour aller voir le fils d’une cousine courir le mini-marathon de 4,219km. J’ai pourtant attrapé froid ce jour là sans être trop inquiet pour autant car je n’avais pas de fièvre. Je me suis nourri convenablement de blancs de poulet et de pâtes complètes al dente jusqu’à samedi soir. J’ai bien dormi et j’ai senti que le coup de froid passait. Effectivement au réveil de six heures dimanche, le mal de tête avait disparu et la gorge n’irritait plus.
L’hôtel est proche du départ, nous nous y rendons à pied. Le temps est couvert, la brume enveloppe la ville et il fait une température idéale. L’organisation est efficace et les bénévoles sont au petits soins avec les coureurs. Dans la sas ou les coureurs patientent, des écrans géants présentent les stars. Le plateau est magique, les trois meilleurs coureurs de tous les temps sur marathon sont là et le public attend que le record tombe ! Je m’échauffe légèrement avec quelques sautillements suivis de courts étirements actifs. Je pense à tous les efforts consentis sur la piste de Champ-fleuri et autour du stade de St-Paul. Je vois le groupe de course sur route, qui s’est pris au jeu de mon record à battre et m’a emmené sur maintes séances vers la performance. Je me remémore les messages de soutien sur les réseaux sociaux Tous ces regards me font porter une responsabilité. Je chasse ce trop plein d’émotion dévoreur d’énergie. Je me concentre, conformément à ce qui a été mis en place avec le coach mental. Je replace l’objectif au centre de mes attentions. Je poursuis l’échauffement avec la musique rythmée crachée par les enceintes. J’enlève la polaire et le cuissard qui m’ont maintenu au chaud, pisse une dernière fois dans une bouteille à une minute du départ. Je suis prêt.
Le coup de feu claque, je passe la ligne moins de deux minutes après l’avoir entendu. Il commence à pleuvoir, je n’ai pas froid en débardeur et short. Si l’eau sur le corps ne me gène pas, j’évite néanmoins les flaques formées ici ou là pour ne pas mouiller mes pieds. Je commence très rapidement à transpirer, puis cela cesse après trois kilomètres. J’ai éliminé définitivement le coup de froid. La densité des coureurs est forte dans les premiers kilomètres, il faut rester attentif. Au premier ravitaillement, j’évite la cohue en visant les ultimes tables. Il en sera ainsi pour chaque prise d’eau ce que me fait perdre un minimum de temps.
Je cale mon allure définitivement en ralentissant un peu, il s’agit de ne pas se laisser griser par l’ambiance et les autres coureurs forcement frais. Je ne porte aucune empathie aux rares participants arrêtés sur le côté, l’un se tenant le mollet, l’autre massant sa cuisse. C’est bien tôt pour être blessé, tant pis pour eux. Je pense que cela ne m’arrivera pas car j’ai confiance dans le plan de Johny et que je n’ai pas été amoindri par les blessures même légères pendant la préparation qui a été chargée. Je suis pris en photo au 6km par la responsable du tour opérateur avec lequel je suis venu. J’essaye de rester calé sur la ligne bleue peinte au sol, fil parfait des 42,195km.
Au 12, 15 et 20ème, ma cousine, résidente à Berlin, m’encourage bruyamment. Je passe aux horaires annoncés, la flamme des meneurs d’allure en 3h15 toute proche. A chaque ravitaillement, je me force à prendre de l’eau et je pense à Johny « Bois, bois, bois !» m’a-t-il répété pendant les sorties longues. Je m’exécute de façon automatique. Depuis le dixième kilomètre, la cuisse gauche s’est à peine tendue, je reste calme et me surprend à constater que je suis parfaitement régulier et que la respiration est lente. Le travail mental paye. Je franchi le semi avec sept secondes de retard : une broutille. La méthode Coué a fonctionne à merveille jusque la mi-course.
Je veux maintenant tester ma fraicheur, il s’agit de combler l’écart avec les meneurs d’allure, ils sont à 30 mètres tout au plus. Rien ne vient…pas de jus. Au 25ème, les secondes au delà de l’allure objectif filent en plus grand nombre. Au 27ème, j’ai un coup de mou. Je prends un peu de gel, cela me fait du bien. Au 30ème, j’ai moins de deux minutes de retard sur l’objectif et peux encore battre mon record si le mal passe. Mes jambes sont douloureuses, mon genoux droit semble céder par instant. Les kilomètres défilent sans m’en apercevoir. Ma cousine, qui s’est prise au jeu de la supportrice, apparait de nombreuses fois sur le parcours allant avec son vélo m’encourage du mieux qu’elle peut avec beaucoup d’enthousiasme.
Au 37ème, je ne suis plus dans le coup et me fait maintenant doubler par la très grande majorité des coureurs. Je prends le mur, violemment. Je me fixe d’autres buts, me redresse, respire tranquillement, continue à boire. Il me reste plus que ma dignité à défendre. Mon chrono me la renvoie à la figure : le dernier kilomètre sera le plus lent et le seul sous les 10km/h. Pendant cette dernière demi-heure, j’ai fait le deuil de la performance sur cette distance mythique. Je dois accepter que j’ai vieilli, que je ne vais plus aussi vite, que je ne suis plus aussi souple. Cette réalité là est la plus difficile à encaisser. Le cap du demi-siècle est vraiment une épreuve à laquelle on ne peut se préparer.
Je passe sous la porte de Brandenburg en levant à peine la tête vers la statue en bronze qui la surmonte. Je m’apercevrai le lendemain en visitant la ville en bus que je n’ai remarqué aucun des monuments que nous avons longés. Même pas la colonne de la victoire pourtant au départ de la course. J’ai créé une bulle hermétique à ce qui m’entourait ; j’ai été indifférent aux multiples orchestres sympathiques, à la la foule de supporteurs venue en nombre se mouiller dans la fraicheur d’un matin d’automne et aux bâtiments notables. J’ai été peu touché par l’environnement de la course. J’ai été à peine heureux en passant la ligne d’arrivée.
Je passe sous la porte de Brandenburg en levant à peine la tête vers la statue en bronze qui la surmonte. Je m’apercevrai le lendemain en visitant la ville en bus que je n’ai remarqué aucun des monuments que nous avons longés. Même pas la colonne de la victoire pourtant au départ de la course. J’ai créé une bulle hermétique à ce qui m’entourait ; j’ai été indifférent aux multiples orchestres sympathiques, à la la foule de supporteurs venue en nombre se mouiller dans la fraicheur d’un matin d’automne et aux bâtiments notables. J’ai été peu touché par l’environnement de la course. J’ai été à peine heureux en passant la ligne d’arrivée.
Que restera-t-il de ce marathon ? En relativisant ma déception immédiate, je le réalise sous les trois heures trente. Ce temps est le meilleur des cinq derniers marathons depuis que j’ai repris la course sérieusement fin 2011. Sur onze marathons courus, c’est mon cinquième meilleur à une seconde de mon quatrième temps, il y a treize ans ! Je retiendrai sans doute une préparation exceptionnelle qui a remis au centre de l’activité sportive l’humain. Je suis déjà prêt à retourner à l’entrainement pour sentir cette appartenance au groupe et réaliser la passe de six. Après Londres, New-York et Berlin, courir Boston Chicago et Tokyo pour recevoir la super médaille des majors. Chiche !
lundi 24 juillet 2017
Kouzinage Asiatique 1 : Hong-Kong
Hong-Kong
Lorsque Simon, l’ainé de la fratrie a annoncé il y a un an qu’il souhaitait passer des vacances à La Réunion, nous avons été surpris et désemparés.
Surpris car, nous ne lui connaissions pas un amour pour cette île. Désemparés parce qu’il voulait venir avec trois de ses amis à la maison. Ln en parfaite opportuniste a sauté sur cette occasion pour dire que partions en voyage !
L’Asie fut la destination choisie pour deux raisons. Nous y avons trois Kouzins qui y vivent avec leur famille et Ln voulait voir de ses yeux la géographie qu’elle enseigne au Lycée. Après des semaines d’échanges … va pour Hong-Kong, Shanghai et Singapour.
L’Asie fut la destination choisie pour deux raisons. Nous y avons trois Kouzins qui y vivent avec leur famille et Ln voulait voir de ses yeux la géographie qu’elle enseigne au Lycée. Après des semaines d’échanges … va pour Hong-Kong, Shanghai et Singapour.
Arrivés à Hong-Kong après une escale à Maurice, les cinq sens sont sollicités.
Il fait chaud et humide à l’extérieur et très froid partout ailleurs. Les climatisations sont à fond dans les taxis, les transports en communs, les restaurants et les centres commerciaux.
Il y a plus d’églises visibles que de temples boudhistes.
L’organisation est efficace, le temps précieux n’est pas perdu. C’est un mélange de pragmatisme chinois et d’organisation anglo-saxonne.
Il y a plus d’églises visibles que de temples boudhistes.
L’organisation est efficace, le temps précieux n’est pas perdu. C’est un mélange de pragmatisme chinois et d’organisation anglo-saxonne.

La richesse est immense et ostentatoire; la Clio RS et la Smart sont deux exceptions au milieu de Tesla modèle S ou X qui sont la norme et se disputent la palme du m-a-tu-vu aux immenses vans Toyota (la voiture familiale) et autres berlines européennes de luxe. Voir une Maserati tous les jours est commun.
Les building d’affaires s’élancent dans le ciel et pressent des milliers de salariés à leur travail. Les hommes sont en pantalon noir et chemise claire sans cravate et les femmes sont élégantes, leur silhouette fine magnifiée par des robes chiques.
Les transports sont remarquables. Bus, métros, Tramways sont présents en nombre, fonctionnent jusque tard et sont bons marchés. Les taxis sont innombrables et eux aussi bon marché. Ils roulent au G.P.L. pour limiter la pollution.
La ville est coincée entre montagne et mer, elle pousse en hauteur. La densité de population y est donc très forte. En cette saison il y fait très chaud, marcher en ville est d’autant plus pénible que les bus, souvent à impérial font un bruit d’enfer amplifié par les hautes constructions.
Les touristes nombreux sont en majorité des chinois du continent. Ils profitent des centres commerciaux pour acheter moins cher et trouvent toutes les enseignes qu’ils souhaitent. Toutes les marques de luxe y sont présentes…plusieurs fois. En effet, en plus des avenues aux vitrines immenses, chaque noeud de communication est l’occasion d’implanter un centre commercial, une tour et ses bureaux. Les magasins ouvrent sept jours sur sept. Commercialement les Champs-Elysées ou nos grands magasins du boulevard Haussman sont ridicules.
La seule entorse à la modernité est l'emploi de tige de bambou pour les échafaudages quelque soit la hauteur nécessaire. La cuisine est délicieuse et ne ressemble en rien aux plats chinois de La Réunion.
Les building d’affaires s’élancent dans le ciel et pressent des milliers de salariés à leur travail. Les hommes sont en pantalon noir et chemise claire sans cravate et les femmes sont élégantes, leur silhouette fine magnifiée par des robes chiques.
Les transports sont remarquables. Bus, métros, Tramways sont présents en nombre, fonctionnent jusque tard et sont bons marchés. Les taxis sont innombrables et eux aussi bon marché. Ils roulent au G.P.L. pour limiter la pollution.
La ville est coincée entre montagne et mer, elle pousse en hauteur. La densité de population y est donc très forte. En cette saison il y fait très chaud, marcher en ville est d’autant plus pénible que les bus, souvent à impérial font un bruit d’enfer amplifié par les hautes constructions.
Les touristes nombreux sont en majorité des chinois du continent. Ils profitent des centres commerciaux pour acheter moins cher et trouvent toutes les enseignes qu’ils souhaitent. Toutes les marques de luxe y sont présentes…plusieurs fois. En effet, en plus des avenues aux vitrines immenses, chaque noeud de communication est l’occasion d’implanter un centre commercial, une tour et ses bureaux. Les magasins ouvrent sept jours sur sept. Commercialement les Champs-Elysées ou nos grands magasins du boulevard Haussman sont ridicules.
La seule entorse à la modernité est l'emploi de tige de bambou pour les échafaudages quelque soit la hauteur nécessaire. La cuisine est délicieuse et ne ressemble en rien aux plats chinois de La Réunion.
Hong-Kong est un archipel, le bateau est facilement pris pour se déplacer d’île en île. Très vite, on peut se retrouver dans la verdure et au calme et apprécier la quiétude des temples dédiés à Boudha ou plus simplement la nature ou un village paisible de pêcheurs qui se meurt doucement bouté hors du temps présent par la modernité.
Cet ancien territoire anglais est à l’embouchure de la rivière des Perles. Elle est sillonnée par les bateaux qui transportent les travailleurs des îles vers le centre ou pour permettre de jouer à Macao. Pour rendre les déplacements encore plus rapides sur l’estuaire, on construit sur et sous la mer un ensemble de ponts et tunnels de plus de quarante deux kilomètres.
Hong-Kong est un lieu de la planète où la mondialisation est visible, tangible et vous prend violemment. Nous apprécions le fait d’y avoir été pour comprendre concrètement ce que cela représente dans ses effets bénéfiques (création de richesse, plein emploi, dynamisme, optimisme dans l’avenir) et dans ses effets indésirables (inégalités et dégâts écologiques). Merci à nos Kouzins Gabriel, Lida et Joël de nous avoir accompagnés dans cette découverte.
mardi 15 juillet 2014
Marathon de Saint-Paul 2014








Suivant de près les nombreuses festivités des enfants, le point d'orgue du mois de juin fut le marathon de la première compagnie à la date du 29.
Depuis son retour de métropole en janvier, il court au rythme inédit de six fois la semaine. La motivation est forte pour soutenir les intenses efforts et laver le fiasco de Londres 2012 et le demi-echec de Saint-Paul 2013. Dans sa tête, les paroles du coach le poussent sans cesse : "Le travail, le travail !".
Malgré le climat qui se rafraîchit et l'air qui s'assèche, les séances d’entraînement encrassent les muscles des jambes; les mollets semblent ne jamais s'assouplirent. Le calendrier est défavorable, le championnat 10km et le semi-marathon arrivent tard dans le cycle de préparation spécifique au marathon. Malgré de mauvaises sensations, le 10 km voit une amélioration notable sur le temps de l'an dernier (plus de quatre minutes en moins). Si le semi est annulé faute de participant, le super coach réussit l'exploit de l'organiser pour le groupe de Déniviens avec ravitaillements, épongeages, tous les cinq kilomètres signalés sur un parcours exigeant sans oublier ses encouragements. Le temps final est une satisfaction, là encore, en net progrès. Le chronomètre ne ment jamais. L'analyse du rythme du 10 et du semi inclus dans un cycle de préparation indique à coup sûr le temps au marathon. La perspective de descendre sous les trois heures trente est là, au bout des 12 semaines spécifiques dédiées à la plus ancienne course qui soit.
Les kilomètres avalés s'accumulent tantôt sur la piste, tantôt sur la route ou même encore dans l'herbe. Les semaines sont de plus en plus dures. Jamais, il n'avait autant couru en une semaine; cent kilomètres en sept jours dont un dantesque 24*400m suivi de près par un 6*1500m, entrecoupés par trois sorties au dessus de deux heures et une PPG pour agrémenter le tout ! Le corps crie au repos et le coach justifie le travail sur la fatigue. Si les muscles se remettent inlassablement au travail, ils le doivent à deux produits peï : le baume Kalmanou et la spiruline Spirit' it. Alors que l’entraînement s'allège dans les quinze derniers jours, aucun signe de fraîcheur n’apparaît, le doute ne s'installe pas pour autant tant la confiance dans la cohérence du programme est grande.
La prévision météo est bonne pour le dimanche, fraîcheur relative et couverture nuageuse sur Saint-Paul. Le parcours propose deux boucles empruntant les longues rues de la ville puis le bucolique Tour des Roches et une arrivée dans le stade. Couché tôt, levé à trois heures pour un petit déjeuner normal comme pour le marathon de Rotterdam et laisser le temps à l'estomac de se vider. Marathoniens et coureurs du semi se regroupent sous la bannière et le départ est donné à l'aube presque à l'heure. Le premier kilomètre est couru au rythme objectif comme pour son premier marathon parisien ce qui lui avait donné une grande confiance pour la suite. Le secret d'un bon 42,195 kilomètres est la régularité. Dimanche matin, les coureurs ne sont pas gênés par les véhicules car rappelons-le, la circulation n'est pas coupée. Pour autant, la sécurité est garantie par les nombreux signaleurs placés aux croisements des routes. A plusieurs reprises, dans Saint-Paul qui s’éveille, Ln et Gustave ravitaillent en eau et arrosent leur mari et père en plus des verres d'eau et éponges distribués tous les cinq kilomètres. Le dixième kilomètre devrait être un soulagement puisqu'il affiche 48'40'' mais une tension en haut du mollet gène notre coureur. Il y a deux ans, ce quart de sang anglais avait terminé blessé au mollet le marathon de Londres. Il tente de divertir son esprit en accrochant son regard à des détails urbains qui alimentent une réflexion futile qui n'a d'utilité que d'éviter de se fixer sur le durcissement musculaire. « Rester souple, ne pas paniquer, tu as déjà couru en ayant mal ». Le passage dans le Tour des Roches est agréable à cette heure, on sent la fraîcheur de l'eau de part et d'autre de la route qui enserrent les coureurs approchant la roue à aube. Les nuages hauts masquent maintenant le soleil. L'éponge humide calée entre le cuissard et le bas du dos est une merveille d'efficacité. Aucune sensation de chaud ne vient perturber la régularité de la première compagnie. Ça et là, quelques Deniviens excités l'encouragent, le mouillent, l'applaudissent ou le photographient. Sortie du Tour des Roches, il entame la partie la moins agréable du parcours dans la zone commerciale. Alors qu'un coureur du semi en finit, il interpelle bruyamment un signaleur pour être sur d’être sur la bonne voie, celle de ceux qui entament un deuxième tour. La gène du mollet s'estompe et le chrono est parfait. Pour autant, il n'ya aucune euphorie qui viendrait dérégler la fréquence régulière des foulées sur l'asphalte de l'homme au débardeur bleu.
Il se retrouve maintenant seul. Autant qu'il puisse voir, au bout de chacune des trois longues lignes droites qui se succèdent, aucun coureur, donc pas de lièvre en vue. Cela va durer 10km. Il a vecu cette expérience l'an dernier entre le cap la Houssaye et l'entrée dans le Tour des Roches et il avait craqué, esseulé, aussi à cause du soleil lourd qui l'avait assommé. La lassitude ne s'emparera pas de lui aujourd'hui.
Il remarque une baisse de l'allure affichée sur le petit écran du boîtier électronique nouée autour du poignet gauche, les deux psoas sont douloureux. Début d’inquiétude qui dure deux kilomètres. Il se rappelle les mots du coach prononcé à l'issue d'un entraînement lors des étirements : « Le psoas est le lieu de concentration des toxines et il devient alors douloureux ». S'il a mal aux deux psoas, ce n'est pas une blessure mais bien le phénomène décrit. Il se dit qu'une accélération ne devrait pas augmenter l'intensité de la douleur. Il relance la machine. Rien d'inquiétant ne se produit. « Bref, il suffit d'avancer avec le mal, ça ne sera pas pire!» se dit-il ! Plusieurs fois, il s'invective violemment et se gifle pour que l'allure remonte à 5minutes au kilomètre ; les rares spectateurs doivent penser qu'il est fou !
Voyant Ln, il donne des consignes pour anticiper la prise d'un demi gel énergétique au 27ème km. Dans les derniers hectomètres du centre de Saint-Paul, des coureurs au ralenti sont rattrapés et dépassés ce qui permet de limiter la baisse d'allure. De même, au deuxième passage dans le Tour des Roches, chaque coureur dépassé est l'occasion d'encouragements à ces stakhanovistes de la foulée, maintenant dans le dur. Il attend de voir Ln et d'absorber le reste du gel car les jambes sont lourdes. Par contre aucune douleur sous les pieds. Une enième pensée positive vient alléger cette fin de course : « Bon choix de chaussures ! ». Ln n'est pas au bord de la route avec le précieux liquide energétique. A la place il prend une rasade de coca au ravitaillement qui vient. Il reste cinq kilomètres et deux vélos viennent à sa rencontre : deux dalons* vont maintenant l'emmener jusqu'au bout. Et il en a besoin car s'il n' a pas connu la brutalité du mur, l'allure a baissé et la réalisation de l'objectif est incertaine. Arrosé de la tête au pied, fustigé par les accompagnateurs, il avance avec cette obsession des 3h30, se gifle encore et avale la dernière bosse relativement bien. Revoilà Ln. « Tu veux ton gel ? ». Réponse, à peine aimable : « C'est trop tard ! ». Le faux plat descendant qui suit est l'occasion de relancer quelque peu la fréquence de la foulée. Encadré par les deux cyclistes, il avance écoutant l'allure annoncée et les encouragements. Dernier rond-point, à la sortie de la zone commerciale, il reste deux kilomètres et demi. Un coureur à l'agonie est l'occasion de fixer son attention pour le doubler. Le tour à l'extérieur du stade est interminable et pourtant il faut s'employer pour être sous les 3h30. Cela va être juste...Au 41km, un petit miracle se produit, un coureur doublé précédemment, finit bien sa course, il va servir de lièvre. La bave aux lèvres, il allonge la foulée, monte les genoux, redresse le buste, place son bassin haut, autant de détails répétés lors des entraînements et corrigés par le coach. L'entrée dans le stade est en vue, il annonce « Moins de 3h30 ! » pour se donner un ultime élan. Un coup d’œil sur la montre et maintenant sprinter sur la piste. Il tire sur les bras, accélère encore.
Le passage sur la ligne d'arrivée arrête le chronomètre officiel : 3h29'51''. Merveilleuse sensation que de réaliser son objectif ! La suite n'est que plaisir. Félicitations des uns et des autres, remerciements aux accompagnateurs, à Ln et à Gustave. Retour à la maison, absorption d'un litre d'eau, douche, sieste de 15mn et repas avec les déniviens intitulé "After Marathon".
Après deux jours les courbatures ont disparu, Aucune fatigue générale dans les jours qui suivent. L’ostéopathe trouve qu'il sort à peu près indemne de la course, signe d'une bonne préparation. L'entraînement a repris et dans cinquante et une semaine, il y aura son dixième marathon et pour faire mieux encore, il faudra perdre quatre kilos. Cela commence maintenant !
lundi 29 octobre 2012
Gateaux
Que fait la première compagnie dans sa grande cuisine ?
Il a les ustensiles, la large gazinière et four de compétition. Il peut donc faire plaisir à sa marmaille qui raffole de ses gâteaux. Ln a décidé : "les desserts, c'est pas mon truc !", elle laisse donc son mari s'occuper le week-end pendant qu'elle lit Grataloup, Géohistoire de la Mondialisation.
Il a les ustensiles, la large gazinière et four de compétition. Il peut donc faire plaisir à sa marmaille qui raffole de ses gâteaux. Ln a décidé : "les desserts, c'est pas mon truc !", elle laisse donc son mari s'occuper le week-end pendant qu'elle lit Grataloup, Géohistoire de la Mondialisation.
samedi 17 juillet 2010
La cinquantième.
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Pendant que le enfants progressent en roller, le papa fait de même en plongée. Hier soir, il plongeait pour la 50ème fois.
De nuit et à Mayotte (il refuse pour l'heure de plonger à La Réunion où il pourrait être déçu de la comparaison), cette plongée s'est déroulée avec 6 barbus et un gâteau. Belle plongée avec la rencontre de crevettes nettoyeuses, de "douze doigts", de poissons perroquets, de deux grosses porcelaines dont une recouverte de son manteau, d'une énorme tortue verte male et d'une imbriquée, toutes deux endormies, d'une murène juvenile en pleine eau et d'une autre dans son trou et de rasquasses rouges.
Le gateau de fête, chocolaté, noiseté, roussement sucré, protéiné d'oeufs et de farine, préparé amouresement à La Réunion et délicatement transporté par avion était bien lourd. Comme il fut avalé après la plongée il a apporté plaisir par le goût et reconfort nécessaire tant il fallait se reconstituer après une heure dans l'hivernal froid de l'eau noire.
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