mardi 26 septembre 2017

Marathon de Berlin 2017

Si j’avais du écrire ce récit immédiatement après la course, il aurait été sensiblement différent. Les idées négatives étaient présentes sur le fin du parcours et quelques temps après avoir franchi la ligne d’arrivée. 
J’ai commencé à parler du marathon de Berlin en janvier 2016. Je ne l’avais jamais couru, cela aurait été ma dernière course en Masters 1 et surtout c’est un parcours et des conditions idéales pour performer. Je m’y suis inscris avec le projet ambitieux de battre mon record (3h16’55’’).
J’ai effectué la préparation la plus exigeante qui soit et elle s’est bien déroulée puisque j’ai retrouvé sur des séances de fractionné des temps d’il y a quatorze ans, ma meilleure année. J’ai perdu du poids et ajouté une préparation mentale. L’hiver austral aux températures tempérées a été propice à ces résultats encourageants. 
Dans mon voyage, j’ai embarqué une camarade de club qui rêvait de franchir la porte de Brandenburg en courant. 
Je suis arrivé à Berlin après un sas de récupération de trois jours à Paris ; le vol de plus de onze heures de La Réunion est un vrai casse-pattes. J’ai retrouvé beaucoup d’amis en région parisienne ce qui a donné un motif de satisfaction supplémentaire à ce périple sportif. On a été très chaleureux avec moi.
A Berlin, le dossard a été retiré dès vendredi pour éviter les longues queues du lendemain au salon du marathon qui ne présentait aucun intérêt. 
Samedi a consisté, comme il se doit, à ne rien faire…si ce n’est une courte sortie pour aller voir le fils d’une cousine courir le mini-marathon de 4,219km. J’ai pourtant attrapé froid ce jour là sans être trop inquiet pour autant car je n’avais pas de fièvre. Je me suis nourri convenablement de blancs de poulet et de pâtes complètes al dente jusqu’à samedi soir. J’ai bien dormi et j’ai senti que le coup de froid passait. Effectivement au réveil de six heures dimanche, le mal de tête avait disparu et la gorge n’irritait plus. 

L’hôtel est proche du départ, nous nous y rendons à pied. Le temps est couvert, la brume enveloppe la ville et il fait une température idéale. L’organisation est efficace et les bénévoles sont au petits soins avec les coureurs. Dans la sas ou les coureurs patientent, des écrans géants présentent les stars. Le plateau est magique, les trois meilleurs coureurs de tous les temps sur marathon sont là et le public attend que le record tombe ! Je m’échauffe légèrement avec quelques sautillements suivis de courts étirements actifs. Je pense à tous les efforts consentis sur la piste de Champ-fleuri et autour du stade de St-Paul. Je vois le groupe de course sur route, qui s’est pris au jeu de mon record à battre et m’a emmené sur maintes séances vers la performance. Je me remémore les messages de soutien sur les réseaux sociaux Tous ces regards me font porter une responsabilité. Je chasse ce trop plein d’émotion dévoreur d’énergie. Je me concentre, conformément à ce qui a été mis en place avec le coach mental. Je replace l’objectif au centre de mes attentions. Je poursuis l’échauffement avec la musique rythmée crachée par les enceintes. J’enlève la polaire et le cuissard qui m’ont maintenu au chaud, pisse une dernière fois dans une bouteille à une minute du départ. Je suis prêt. 
Le coup de feu claque, je passe la ligne moins de deux minutes après l’avoir entendu. Il commence à pleuvoir, je n’ai pas froid en débardeur et short. Si l’eau sur le corps ne me gène pas, j’évite néanmoins les flaques formées ici ou là pour ne pas mouiller mes pieds. Je commence très rapidement à transpirer, puis cela cesse après trois kilomètres. J’ai éliminé définitivement le coup de froid. La densité des coureurs est forte dans les premiers kilomètres, il faut rester attentif. Au premier ravitaillement, j’évite la cohue en visant les ultimes tables. Il en sera ainsi pour chaque prise d’eau ce que me fait perdre un minimum de temps. 
Je cale mon allure définitivement en ralentissant un peu,  il s’agit de ne pas se laisser griser par l’ambiance et les autres coureurs forcement frais. Je ne porte aucune empathie aux rares participants arrêtés sur le côté, l’un se tenant le mollet, l’autre massant sa cuisse. C’est bien tôt pour être blessé, tant pis pour eux. Je pense que cela ne m’arrivera pas car j’ai confiance dans le plan de Johny et que je n’ai pas été amoindri par les blessures même légères pendant la préparation qui a été chargée. Je suis pris en photo au 6km par la responsable du tour opérateur avec lequel je suis venu. J’essaye de rester calé sur la ligne bleue peinte au sol, fil parfait des 42,195km. 
Au 12, 15 et 20ème, ma cousine, résidente à Berlin, m’encourage bruyamment. Je passe aux horaires annoncés, la flamme des meneurs d’allure en 3h15 toute proche. A chaque ravitaillement, je me force à prendre de l’eau et je pense à Johny « Bois, bois, bois !» m’a-t-il répété pendant les sorties longues. Je m’exécute de façon automatique. Depuis le dixième kilomètre, la cuisse gauche s’est à peine tendue, je reste calme et me surprend à constater que je suis parfaitement régulier et que la respiration est lente. Le travail mental paye. Je franchi le semi avec sept secondes de retard : une broutille. La méthode Coué a fonctionne à merveille jusque la mi-course. 
Je veux maintenant tester ma fraicheur, il s’agit de combler l’écart avec les meneurs d’allure, ils sont à 30 mètres tout au plus. Rien ne vient…pas de jus. Au 25ème, les secondes au delà de l’allure objectif filent en plus grand nombre. Au 27ème, j’ai un coup de mou. Je prends un peu de gel, cela me fait du bien. Au 30ème, j’ai moins de deux minutes de retard sur l’objectif et peux encore battre mon record si le mal passe. Mes jambes sont douloureuses, mon genoux droit semble céder par instant. Les kilomètres défilent sans m’en apercevoir. Ma cousine, qui s’est prise au jeu de la supportrice, apparait de nombreuses fois sur le parcours allant avec son vélo m’encourage du mieux qu’elle peut avec beaucoup d’enthousiasme.

Au 37ème, je ne suis plus dans le coup et me fait maintenant doubler par la très grande majorité des coureurs. Je prends le mur, violemment. Je me fixe d’autres buts, me redresse, respire tranquillement, continue à boire. Il me reste plus que ma dignité à défendre. Mon chrono me la renvoie à la figure : le dernier kilomètre sera le plus lent et le seul sous les 10km/h. Pendant cette dernière demi-heure, j’ai fait le deuil de la performance sur cette distance mythique. Je dois accepter que j’ai vieilli, que je ne vais plus aussi vite, que je ne suis plus aussi souple. Cette réalité là est la plus difficile à encaisser. Le cap du demi-siècle est vraiment une épreuve à laquelle on ne peut se préparer.
Je passe sous la porte de Brandenburg en levant à peine la tête vers la statue en bronze qui la surmonte. Je m’apercevrai le lendemain en visitant la ville en bus que je n’ai remarqué aucun des monuments que nous avons longés. Même pas la colonne de la victoire pourtant au départ de la course. J’ai créé une bulle hermétique à ce qui m’entourait ; j’ai été indifférent aux multiples orchestres sympathiques, à la la foule de supporteurs venue en nombre se mouiller dans la fraicheur d’un matin d’automne et aux bâtiments notables.  J’ai été peu touché par l’environnement de la course. J’ai été à peine heureux en passant la ligne d’arrivée. 

Que restera-t-il de ce marathon ? En relativisant ma déception immédiate, je le réalise sous les trois heures trente. Ce temps est le meilleur des cinq derniers marathons depuis que j’ai repris la course sérieusement fin 2011. Sur onze marathons courus, c’est mon cinquième meilleur à une seconde de mon quatrième temps, il y a treize ans ! Je retiendrai sans doute une préparation exceptionnelle qui a remis au centre de l’activité sportive l’humain. Je suis déjà prêt à retourner à l’entrainement pour sentir cette appartenance au groupe et réaliser la passe de six. Après Londres, New-York et Berlin, courir Boston Chicago et Tokyo pour recevoir la super médaille des majors. Chiche !







mercredi 2 août 2017

Kouzinage Asiatique 3 : Singapour

Singapour
Terminer notre périple asiatique par Singapour était une excellent idée d'Ln; elle ne le savait sans doute pas.
Cette cité-état rejetée à son indépendance par la Malaisie à laquelle elle voulait être rattachée a développé un modèle économique profitable qui en fait une place incontournable en Asie du sud-est. Elle possède maintenant le revenu par habitant parmi les plus hauts du monde sans ressource naturelle. Commerce, finances et raffinage pétrolier sont le triptyque de cette réussite extraordinaire.
Ce qui frappe le visiteur en premier à son arrivée à l'aéroport est la quiétude du lieu :  un mur végétal et des arbres dans le hall, de la moquette au sol, un passage au contrôle policier tout en douceur et rapide. Nous sommes loin de la fureur de l'aéroport de Shanghai où la masse de voyageurs est maîtrisée avec difficulté à tel point qu'il nous avait fallu plus de une heure trente pour s'acquitter des divers contrôles et nous étions montés dans l'avion cinq minutes après son heure de départ théorique...
Par les vitres du métro d'une propreté exemplaire, on aperçoit la ville et nous sommes surpris. Nous avons là une des densité humaine les plus fortes du monde et il y a de l'espace et de la verdure. De grands arbres, des fleurs, de l'herbe.
Les immeubles sont certes nombreux et de grande taille. Nous apprendrons plus tard que les grands numéros qui servent à les distinguer indiquent des logement sociaux. Rien n'est laid dans leur architecture, Ils sont parfaitement entretenus. Les espaces collectifs sont en bon état et des aires de jeux agrémentent la vie des petits.
Les boulevards sont larges et il semble qu'il y ait peu de bouchon. Le prix des voitures est exorbitant ainsi que le permis pour les conduire. En contrepartie, les bus et le métro zèbrent la ville de part en part. Ils sont peu couteux, réguliers et fonctionnent tard. Certains trottoirs sont protégés du soleil tropical par des auvents. Les conducteurs sont extrêmement respectueux des piétons sur les passages protégés. 
Nous logeons dans un quartier vivant. Lorsque la nuit vient, les restaurants les plus divers sont pleins, tous les magasins sont ouverts et commercent. Le supermarché au près du quel nous nous sommes approvisionné offre ses denrées sept jours sur sept et vingt quatre heures sur vingt quatre. Les vendeurs de fruits et légumes ont leur réputation et propose le fameux Durian en quantité. Ce fruit pue ! A tel point qu'il est interdit de le transporter dans le métro. Un causasien non initié lui trouvera un gout de vomi et d'égouts. Il est apprécié et consommé en grande quantité.
Clément notre Kouzin de Singapour nous emmène manger Thaï. Une fois encore, nous sommes heureux par cette nouvelle découverte culinaire. Il nous explique que l'on peut trouver tout type de cuisine à Singapour. Nous avons aussi mangé indien végétarien, chinois et local. Manger à l'extérieur de chez soi semble être un loisir apprécié sans doute parce que les intérieurs des appartements sont petits compte tenu du prix faramineux des logements. La diversité de la population amène la diversité des cuisines.
Pendant les quelques jours de notre séjour, nous avons vu le zoo, le quartier indien puis chinois presque sans intérêt tant les commerces systématiques masquent les façades rénovées de maisons anciennes. Nous avons flâné dans le Garden by the bay, espace pris sur la mer et magnifiquement aménagé ainsi que dans des serres extraordinaires de variétés qui offrent des points de vue spectaculaires sur la ville.

Les habitants de cette ville sont d'une gentillesse notable. Volontiers aidant, ils vous apportent spontanément leur concours et sont respectueux. On laisse descendre tous les usagers de la rame en restant au-delà des marquages du quai prévus à cet effet. Ce comportement est sans doute un mélange de l'héritage britannique, du raffinement du sud-est asiatique et de l'autoritarisme politique qui condamne sévèrement les manquements. Singapour est une ville sure sans crime, ni délit. 
L'anglais est utilisé par tous. Les trois autres langues officielles, le tamoul, le chinois, le malais rappellent l'origine des habitants qui pratiquent leur foi dans les églises, temple bouddhiste et hindou. Le neuf aout a lieu la fête nationale de Singapour qui a à peine plus de cinquante ans. Le culte de la nation est très présent. Des milliers de drapeaux flottent aux balcons depuis de nombreux jours. On répète la parade aérienne plusieurs fois longtemps à l'avance et même le feux d'artifice est tiré à maintes reprises pour être certain qu’il illuminera le ciel sans fausse note, à l’image d’une nation qui se veut parfaite. 

Merci à notre Kouzin Clément d’y travailler et d’y vivre, nous donnant ainsi l’occasion au prétexte de lui rendre visite de découvrir cette belle ville au coeur de la globalisation.
 





























samedi 29 juillet 2017

Kouzinage Asiatique 2 : Shanghaï

Shanghai
Contrairement à Hong-Kong qui est une « région spéciale » depuis sa rétrocession par la Grande-Bretagne, il faut un visa pour entrer à Shanghai, capitale du sud-est de la Chine continentale. 
Arrivés en début de soirée, nous avons rendez-vous à l’aéroport avec notre Kouzin Nicolas et sa famille. Pour se rendre chez lui plus d’une heure de voiture est nécessaire. Nous ne voyons rien de la mégapole ; nous nous rendrons compte lorsque nous ferons le chemin inverse de jour des dimensions de ce que nous traversons. A perte de vue, des immeubles d’habitation de très grande taille, des centres d’affaires et des parcs d’activités.
Les voies routières sont larges et la circulation est dense. Si les véhicules ne roulent pas vite, la conduite obéit à peu de règles formelles. Nous constaterons plus tard que traverser en tant que piéton demande une vigilance accrue. Les deux roues n’ont cure des feux. Comme ils sont électriques, leur bruit n’alerte pas. Imaginer les Chinois se déplaçant à bicyclette est une image d’Epinal aujourd’hui disparue. Le parc automobile est récent et les modèles sont ceux d’une ville riche. Ceux qui ne disposent pas d’un véhicule ou qui n’ont pas payé le permis fort cher permettant d’accéder au centre de la ville se déplacent en surface en scooter électrique ou en sous-sol en métro.
Le lendemain notre première activité consiste à aller chez un tailleur pour acheter costume et chemises sur mesure à prix défiants toute concurrence et réalisés en cinq jours. Non loin de là, nous trouvons le Bund et ses immeubles européens du début du XXème siècle et parcourons l’ancien chemin de halage du fleuve aménagé en quai piéton en face des plus grands immeubles de la ville, c’est spectaculaire !
Il y a peu de monde car Il fait une forte chaleur. C’est le mois le plus chaud de l’année et la semaine qui vient est annoncée comme caniculaire. 39° sera le plus haut avec un ressenti à 51° à cause de l’humidité. Il y a peu d’air et les immeubles accentuent la fournaise. En dix minutes, nous sommes trempés de sueur au sens premier du terme. On cherche le frais dans les halls, le métro, les musées et il faut boire souvent. Se balader dans le quartier de l’ancienne concession française est plus agréable. On y a conservé de magnifiques demeures des colons européens. Les rues sont bordés de platanes, héritage français, qui offrent une ombre généreuse. 
La pollution est présente. On ne distingue pas les contours de la ville du haut des tours et le soleil déclinant disparait avant d’atteindre l’horizon. Dans beaucoup de lieux, l’air est purifié. Dans ces conditions, courir dans une salle de sport sur un tapis, même une heure quarante-cinq est salutaire. 

Shanghai est une ville immense, neuve, pensée pour permettre à chacun d’y habiter et de se déplacer pour se rendre à ses occupations. Le métro est un modèle. Bon marché, il est dimensionné pour les millions de travailleurs quotidiens. Dans les rames dont on ne voit pas les extrémités, il a peu de places assises ; on voyage debout. Partout, des agents donnent des consignes pour fluidifier le flots d’usagers et ainsi optimiser l’espace et maximiser la vitesse. Les boulevards urbains sont doublés par des voies rapides surélevées. Les distances dans cette ville de trente millions d’habitants sont infinies. Se déplacer prend du temps.
On cherche en vain une architecture typique chinoise. Les vieux habitats ont été remplacés par des immeubles à grande hauteur. Quelques pâtés de maisons anciennes et de petites boutiques subsistent ici et là en attendant d’être prochainement détruites. C’est un art de vivre qui disparait et cela ne semble pas affecter les chinois portés qu’ils sont par la croissance économique dont la plupart profite. Autour du magnifique jardin Yu qui attire la foule, on trouve enfin les maisons de notre imaginaire chinois. Tout est reconstitué à l’identique et la patine du bois est celle d’un parc d’attraction. Si le musée de Shanghai est de toute beauté, le musée des sciences est une déception. Pour s’y rendre à partir du métro, on traverse un vaste espace de boutiques où tout est faux ! Les maillots de football et les chaussures de sport à la mode, l’électronique grand public, les sacs et les montres de luxe, les jouets de marques connues…Les vendeurs vous accostent dans un anglais approximatif. « What do you need ? Bag or watch ? »
La cuisine peut être au choix excellente ou mauvaise lorsqu’elle est industrielle et vendue pour être rapidement consommée. Les boutiques des centres commerciaux concentrent toutes les marques de luxe mondiales.
Le temple du Boudha de Jade a résisté à la révolution culturelle chinoise. On peut y voir de multiples Boudha et quelques Guandi. Le chinois prie pendant que le touriste achète. Dans un parc, les statues de Marx et Engel conversant aux pieds desquelles des joueurs de cartes bien réels pariant leur argent nous rappelle mollement que la Chine était un pays communiste. De ce passé, subsiste un état autoritaire et interventionniste dont l’action est orientée vers le développement rapide. La censure sur certains sites internet (Facebook, Google, Le Monde,…) est facilement contournée.
Le smartphone est à la fois ludique (jeux et chats sont utilisés en permanence) et un outil facilitateur : des applications permettent de payer, de traduire immédiatement la voix en caractères chinois. Dans un restaurant de noodle chinois, le personnel ne parlait pas anglais. Afin de faciliter notre choix, un serveur nous a confié son smartphone. En le déplaçant au-dessus du menu, les caractères chinois étaient instantanément remplacés par des mots en anglais à mesure du déplacement de l’appareil. Bluffant ! Partout dans la ville, l’équivalent du Velib’ parisien…mais autrement plus pratique. Les vélos sont légers. On les prend et les laisse où l’on veut. Pour le débloquer, il suffit de passer son smartphone sur le QR code placé à l’arrière du vélo. On renouvelle l’opération à la dépose.
Shanghai n’est pas la Chine. Elle est mondialisée parce que gigantesque, moderne, productive et tournée vers l’extérieur. Elle préfigure le visage du pays le plus peuplé et bientôt le premier créateur de richesse de la planète. Nous remercions Nicolas et sa famille de nous avoir permis de le découvrir de visu.











....et le vrai ! 
Le faux....



lundi 24 juillet 2017

Kouzinage Asiatique 1 : Hong-Kong

Hong-Kong
Lorsque Simon, l’ainé de la fratrie a annoncé il y a un an qu’il souhaitait passer des vacances à La Réunion, nous avons été surpris et désemparés.
Surpris car, nous ne lui connaissions pas un amour pour cette île. Désemparés parce qu’il voulait venir avec trois de ses amis à la maison. Ln en parfaite opportuniste a sauté sur cette occasion pour dire que partions en voyage !
L’Asie fut la destination choisie pour deux raisons. Nous y avons trois Kouzins qui y vivent avec leur famille et Ln voulait voir de ses yeux la géographie qu’elle enseigne au Lycée. Après des semaines d’échanges … va pour Hong-Kong, Shanghai et Singapour. 

Arrivés à Hong-Kong après une escale à Maurice, les cinq sens sont sollicités. 
Il fait chaud et humide à l’extérieur et très froid partout ailleurs. Les climatisations sont à fond dans les taxis, les transports en communs, les restaurants et les centres commerciaux.
Il y a plus d’églises visibles que de temples boudhistes.
L’organisation est efficace, le temps précieux n’est pas perdu. C’est un mélange de pragmatisme chinois et d’organisation anglo-saxonne.











La richesse est immense et ostentatoire; la Clio RS et la Smart sont deux exceptions au milieu de Tesla modèle S ou X qui sont la norme et se disputent la palme du m-a-tu-vu aux immenses vans Toyota (la voiture familiale) et autres berlines européennes de luxe. Voir une Maserati tous les jours est commun.
Les building d’affaires s’élancent dans le ciel et pressent des milliers de salariés à leur travail. Les hommes sont en pantalon noir et chemise claire sans cravate et les femmes sont élégantes, leur silhouette fine magnifiée par des robes chiques.
Les transports sont remarquables. Bus, métros, Tramways sont présents en nombre, fonctionnent jusque tard et sont bons marchés. Les taxis sont innombrables et eux aussi bon marché. Ils roulent au G.P.L. pour limiter la pollution.
La ville est coincée entre montagne et mer, elle pousse en hauteur. La densité de population y est donc très forte. En cette saison il y fait très chaud, marcher en ville est d’autant plus pénible que les bus, souvent à impérial font un bruit d’enfer amplifié par les hautes constructions.
Les touristes nombreux sont en majorité des chinois du continent. Ils profitent des centres commerciaux pour acheter moins cher et trouvent toutes les enseignes qu’ils souhaitent. Toutes les marques de luxe y sont présentes…plusieurs fois. En effet, en plus des avenues aux vitrines immenses, chaque noeud de communication est l’occasion d’implanter un centre commercial, une tour et ses bureaux. Les magasins ouvrent sept jours sur sept. Commercialement les Champs-Elysées ou nos grands magasins du boulevard Haussman sont ridicules.
La seule entorse à la modernité est l'emploi de tige de bambou pour les échafaudages quelque soit la hauteur nécessaire. La cuisine est délicieuse et ne ressemble en rien aux plats chinois de La Réunion. 


Hong-Kong est un archipel, le bateau est facilement pris pour se déplacer d’île en île. Très vite, on peut se retrouver dans la verdure et au calme et apprécier la quiétude des temples dédiés à Boudha ou plus simplement la nature ou un village paisible de pêcheurs qui se meurt doucement bouté hors du temps présent par la modernité.


Cet ancien territoire anglais est à l’embouchure de la rivière des Perles. Elle est sillonnée par les bateaux qui transportent les travailleurs des îles vers le centre ou pour permettre de jouer à Macao. Pour rendre les déplacements encore plus rapides sur l’estuaire, on construit sur et sous la mer un ensemble de ponts et tunnels de plus de quarante deux kilomètres. 



Hong-Kong est un lieu de la planète où la mondialisation est visible, tangible et vous prend violemment. Nous apprécions le fait d’y avoir été pour comprendre concrètement ce que cela représente dans ses effets bénéfiques (création de richesse, plein emploi, dynamisme, optimisme dans l’avenir) et dans ses effets indésirables (inégalités et dégâts écologiques). Merci à nos Kouzins Gabriel, Lida et Joël de nous avoir accompagnés dans cette découverte.