samedi 23 avril 2011

Concentré de Créolité

Nous habitons dans le centre ville de Saint-Denis. Non loin de la mairie, notre immeuble est en surplomb de la ravine de la rivière Saint Denis.
Le fond de la ravine demeurait un mystère ou se perdait une route serpentant le long du cours d'eau. Nous avons décidé d'aller découvrir l'endroit, en famille et en vélo avec nos deux petits.
En cette fin de saison des pluies, la rivière de Saint Denis coule calmement dans son lit. Rapidement, nous croisons une étrange petite bâtisse accrochée au milieu de la falaise. Des rochers sont peints en blanc et on distingue des flèches indiquant un chemin pour gravir jusqu'à ce qui semble être une chapelle.




Plus loin un tuyau enjambe le cours d'eau et se dirige dans une ancienne centrale hydroélectrique EDF. Il acheminait l'eau de la montagne cinq cents mètres plus haut.






En cette fin de jour, les oiseaux sont nombreux et l'on croit reconnaître un martin pêcheur posé sur un caillou au milieu de l'eau.
Presque côte à côte, les entrées de clubs. L'un semble select et l'autre moins opulent. Tous les deux sont privés et doivent choisir leurs adhérents avec leurs critères propres.




Un premier pont de fer nous porte au cœur de la ravine. La porte d'un temple coloré nous invite à la piété.

Après la pépinière municipale, nous entrons dans un hameau de maisons modestes. Nous sommes au lieu dit La Colline. Dans la rivière des enfants se baignent sous le regard de leur grand-mère.

















Un deuxième pont de fer nous bascule de l'autre côté de la ravine et vers les dernières maisons. Un terrain de basket désert, une épicerie qui semble ne vendre que de l'alcool bon marché, des hommes oisifs assis sur le talus; nous sommes dans un autre monde, perdu malgré la ville si proche.

Autre signe de ferveur religieuse, les ex-voto placés sur le parcours, toujours entretenus et fleuris. Nous nous arrêtons là, la route est un cul de sac. Pour poursuivre dans la ravine, il faut aller à pied. Une borne nous montre notre prochain lieu de ballade : un bassin à 20mn à pied pour aller chercher la fraicheur. Le retour se fait rapidement, il faut arriver avant la nuit.
Les habitation proches de la rivière ont du être inondées au cours des crues. En tout cas, ses habitants ont du être coincés chez eux car la route était certainement submergée.

Symbole de La Réunion, la brasserie Bourbon qui produit la fameuse Dodo est aussi posée près de l'eau.
Avant la mer, s'étend le quartier nommé le bas de la rivière. Les immeubles sont récents et l'habitat mixte. LEs berges sont en cours d'aménagement pour le plaisir de tous.

samedi 16 avril 2011

Fin du gros oeuvre.

Nous y sommes !
Le gros œuvre est terminé sur notre chantier et la maison a un toit. Elle est donc hors d'eau.


Si LN s'extasie dans la future chambre parentale, elle sait aussi qu'il faudra au moins autant de temps pour le second œuvre. Le plâtrier attaque la semaine prochaine les enduits et électricien et plombier viennent prendre leurs cotes.
  

En attendant que le menuisier réalise les escaliers, visiter les étages restera un exploit pour la propriétaire.

Ainsi nous avons la forme de la maison, dans quelques semaines elle aura aussi un aspect. LN et la première compagnie hésitent sur la couleur extérieure. Auriez vous une idée ?

vendredi 15 avril 2011

Grande Philippine.

Elle est née petite, elle est presque la plus grande de sa classe.
Elle est la quatrième de la fratrie, elle est celle qu'on entend le plus.
Elle a trois grands frères, elle n'a pas peur de les bastonner quand ils l'exaspèrent.
Elle vient de Nanterre, banlieue de Paris, elle vit dans les îles de l'Océan Indien.
Elle va à l'éveil musical et à la piscine, elle veut y ajouter la danse et l'athlétisme.
Elle est en CP, elle sait lire et écrire.
Elle décide comment s'habiller, quoi manger et boire.

Elle a 7 ans et veut qu'on lui lise des histoires avant d'aller dormir, pourvu que cela dure.

jeudi 7 avril 2011

3 avril 2011, la fête pour la départementalisation a un goût amer.

Les élus de l'ancienne majorité ayant fini de bouder, la nouvelle assemblée s'est réunie une deuxième fois ce dimanche pour élire son nouveau Président.
Arrivée dans les jardins du Conseil Général, la première compagnie a de suite senti une ambiance différente de celle de jeudi avant le coup de théâtre du report du vote. Une certaine méfiance sans doute envers ses élus irresponsables, incapables de s'effacer devant un évènement historique. Le vote a eu lieu, sans surprise. La suite n' a été qu'une longue suite d'attentes et de moments volés. Il aurait fallu faire vite pour élire les vice-présidents et ensuite communier avec le peuple de Mayotte. Ce fut tellement long que Mayotte 1ère a cessé la diffusion télé en cours de vote. Plus tard encore, la ministre de l'outre mer fut kidnappée dans l'hémicycle pour entendre les discours sans fin, insipide destinés seulement à ceux qui les prononçaient.
Pendant ce temps là, Mayotte s'est rassemblée en face du parvis du comité du tourisme. La où il aurait fallu un chauffeur de salle ou un spectacle soutenu par un rythme local, le podium vide était offert aux milliers de Mahorais. La où il aurait fallu respecter l'horaire, on a généreusement fait patienter plus d'une heure et demie. La où il aurait fallu enflammer la foule en s'adressant à elle, on lui a imposé des mots vides de sens. Le moment se prêtait à une grande émotion populaire, aucun des élus n' a su sentir l'aspiration du peuple à exprimer bruyamment sa joie. Non l'ambiance, ce dimanche n'y était pas. Une belle averse à fini par rafraichir les ardeurs.
Puisque Mayotte est le 101ème département, il convient aux métropolitains de mieux connaître ses habitants. Vous trouverez donc ci dessous des visages de Mayotte. Ne soyez pas surpris par le nombre de femmes. Il en est ainsi sur cette île musulmane, la femme est de tous les combats. Elle s'est donc endimanchée comme jamais, car elle est fière. Elle se montre, consciente du rôle social et politique que les hommes lui ont abandonné même si quand il s'agit d'occuper les mandats et ses avantages, on retrouve les hommes.




jeudi 31 mars 2011

31 mars 2011, jour de la Départementalisation de Mayotte.

 Cela devait être un jour de fête. Pour en être, la première compagnie avait même posé un jour de congé. Mayotte est un lieu étonnant et la matinée a été surprenante...
Depuis plusieurs jours, il règne une certaine effervenscence sur l'île aux parfums. Le mot Départementalisation est le plus entendu dans les conversations. On se prépare à l'évènement attendu depuis 1958. Le programme, établi à la hâte, est affiché en grand. Les écoles et les administrations sont fermées. La ministre de l'outre-mer doit venir à défaut du Président de la République et des chefs d'Etat des îles voisines !
Ainsi donc, la première compagnie s'est levé tot, a vérifié son matériel photo, a garé sa piteuse Volvo non loin des bâtiments du Conseil Général et a commencé à se fondre dans la foule et saluant ici et là des têtes connues, patientant pour l'ouverture de la session et la mise en place de la nouvelle assemblée suite aux élections de dimanche. Les hommes sont costumés et les médailles de sortie, les femmes sont élégantes et ont adapté leurs tenues à l'évènement.

 Un écran plat a été placé à l'extérieur pour permettre aux malchanceux de voir et d'entendre l'intérieur de la salle des délibérations. De nombreuses personnalités de Mayotte sont présentes.









Il reste une interrogation. Qui va être le futur président de la nouvelle assemblée? Hier soir, une majorité avait été constituée pour renouveller le mandat de l'actuel Président. Pourtant les tractations s'étaient poursuivies dans la nuit et ce matin aucun connaisseur de la vie Politique de Mayotte n'osait s'engager sur un nom.

Presque à l'heure, le Président sortant ouvre la session, vérifie les élus présents. Ils sont 11 avec lui même sur 19...Il déclare donc que le quorum des deux tiers pour l'election n'est pas atteint et lève la séance. Les visages se figent et une clameur s'entend de la salle des délibérations et à l'extérieur. On comprend rapidement que les élus UMP et centristes ont boycottée l'assemblée car ils avaient au petit matin perdu la bataille du marchandage des voix et une nouvelle majorité s'était constituée autour du jeune élu Zaidani. La colère est perceptible chez certains, les journalistes de métropole, peu au fait de la volatilité de la vie politique locale tente de comprendre. L'édition électronique du journal Le Monde annonce rapidement sur son site le report de la départementalisation. Les déclarations fusent de la part de ceux qui sortent de l'assemblée : "On se comporte comme des africains", "Pire que l'instabilité de la Polynésie", "La honte pour Mayotte" etc...Les femmes Mahoraises venues en grand nombre, qui ont été de tous les combats pour que Mayotte reste française, entament des chants réligieux. D'autres se lachent de façon véhémente aux micros des radio et télévision.









Après une longue attente, un élu prend la parole, annonce que symboliquement car entaché de nullité faute de quorum, le vote pour l'élection du président va se dérouler. Zaidani est donc élu et proclame la suite des festivités. Dans la réalité, les bus qui devaient amener les villageois à Mamoudzou ont été annulé, ainsi que les danses prévus à l'ancienne place du marché. Plus tard, la radio annonce sur la parvis du comité du tourisme le report de la visite de la Ministre de l'outre-mer qui patientait à La Réunion. Les gens quitte la place que la Police Municipale s'empresse de vider.



Au Conseil Général, on apprend que le vote est reporté à dimanche et qu'indépendemment de celui-ci confirmée par la relecture des textes, Mayotte est le 101ème département Français. Une poignée d'élus pensant retourner une situation en leur faveur d'ici dimanche a donc gâché la fête Républicaine à laquelle était convié tous les Mahorais et a empéché l'expression d'une émotion collective sincère. La population se serait retrouvée unie le temps de la fête ayant réalisé ce sur quoi deux générations de Mahorais ont oeuvré.

jeudi 24 mars 2011

Cascade du Chaudron, marche aussi facile que dangeureuse.

La famille découvre petit à petit les ballades de la Réunion.
Depuis quelques temps, nous lorgnions sur la cascade du Chaudron. Bien visible de Saint Denis en saison des pluies, elle semble proche et nous invite à la visiter.

Nous avons donc décider d'y aller randonner. Le guide indiquait une belle ballade facile et courte.
Nous sommes rapidement arrivés au départ du sentier dans le quartier de la Bretagne. Il permet de suivre une canalisation qui porte l'eau du point de captage à la ville.




Le premier obstacle, une porte verrouillée, est vite franchi; nous comprenons que l'accès est barré.









Le chemin est facile sans denivellé ou imperceptible, seules quelques fuites d'eau viennent nous ralentir et nous rafraichir.
La marche se fait protégée la plupart du temps par la végétation dense et nous nous rendons à peine compte qu'il ne faudrait pas glisser, car l'apic est vertigineux. Des mangues pourrissent sur les arbres puis apparraissent les jambrosades au dessus de nos têtes. Le bruit du noyau libre dans le fruit amuse fifi. Nous croisons une grenouille placide. De temps en temps, on voit la rivière qui serpente en contre bas, loin très loin meme. 

Nous nous trompons à une fourche, le sentier du haut mène à une passerelle vermoulue que nous n'emprunterons pas et le sentier du bas à une passerelle galvanisée en bon état.



Plus tard, il faut se faire peur dans un tunnel non éclairé d'une cinquantaine de mètres.


Le chemin est a flanc de montagne, on apperçoit une première chute d'eau spectaculaire qui ne porte pas de nom sur la carte.
Gustave repère un Papang, male d'après lui. Au fond de la ravine, la cascade du Chaudron nous attend. L'eau tombe du haut dans un bassin d'un bleu magnifique ou l'on peut se baigner si l'on ne craint pas l'eau fraiche. L'endroit est dangeureux et le bruit lourd d'une chute de pierre en plein centre du bassin nous le rappelle. Nous traversons le barrage en nous mouillant les pieds et nous nous installons pour déjeuner et nous rafraichir à l'ombre. Un Papang, femelle cette fois ci, tournoi au dessus de nous. L'endroit est magique.














Il faut retourner à la ville. Le retour est vite parcouru une fois le passage très dangeureux sur la canalisation négocié.
Il faut compter 3 heures aller-retour (deux fois plus que ce qu'indique le guide, qui ne précise aucun danger et le recommande comme ballade en famille !). Ln est soulagée et ravie : ses petits ont bien marché et ont apprécié comme les grands cette respiration aux portes de la grande ville.

vendredi 18 mars 2011

Sports Réunionais

Les saisons sportives sont bien entamées (basketball) ou à peine commencées (football). Les réunionnais sont douées et endurants, ils faut donc que les enfants z'oreilles s'emploient pour espérer avoir une place dans l'équipe qui joue le championnat.

A force de travail, Gustave à été convoqué chez les A. Il a joué un quart de finale de championnat dans sa catégorie. Après deux minutes de jeu, ses mots ont été  : "Je suis complétement largué, ca va trop vite !". A la fin du premier quart temps, il avait mis un panier et empêché son vis à vis de jouer facilement. Plus tard au troisième et quatrième quart temps, il a encore mis 4 paniers. Il n'était plus du tout largué et ses mots ont été : "C'est le plus beau jour de ma vie !". Son équipe à gagné par plus de 20 points d'écart.




Quant à Raoul, la différence de gabarit se fait sentir. Pour le premier match amical de la saison, son équipe affrontait Saint-Paul. Il a joué la deuxième mi-temps et le match fut un vrai combat. Sur son premier ballon, il efface le grand défenseur (photo) et porte le danger chez l'adversaire. Il s'est vite fatigué dans des duels tendus. A 5 minutes de la fin, il a pris un vilain coup torturant sa cheville fragile. Son entraineur le surnomme "L'Irlandais", il a donc fini le match en serrant les dents.