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samedi 1 novembre 2014

Trail de Bourbon 2014: Ln en était !

Il est quatre heures samedi matin lorsqu'LN débute la plus longue épreuve à laquelle elle n'aie jamais participé.
Elle s'est entrainée régulièrement depuis le début de l'année, sur la piste, en ville et dans les sentiers escarpés avec deux objectifs principaux : être capable de parcourir 92km et descendre plus vite.
Pour mettre encore plus de chance de son côté, la famille est depuis mercredi à Cilaos, ville départ de la course. Une acclimatation à l'altitude avec quelques coureurs du club Deniv' qui partagent le chalet de Mme Nassibou.
Mise au vert à Ciloas

Dernier entrainement : 20' à allure lente-Cilaos
















Quelques minutes avant le départ du Trail de bourbon.

 Lorsque les 1300 semi-fous coupent la ligne de départ, le temps est incertain. La veille les fous de la grande course du week-end (172km) ont pris l'eau deux nuits. On aperçoit Ln le long de la Mare à Joncs dans le bloc compact qui va se dissoudre avec les premiers kilomètres.



Dès la sortie de Cilaos, Ln commence à grimper vers le gîte du Piton des neiges en passant par le Kerveguen qui bouchonne quelque peu. Premier pointage (Gîte du Piton): 913ème. Ln n'aime pas la partie suivante, souvent grasse et technique. Elle y est tombée lors d'une reconnaissance. Deuxième pointage (Gîte de bélouve) : 1043ème. A la sortie du sentier qui l'amène vers Hell-Bourg (troisième pointage : 1109ème), elle s'arrête quelques instants au ravitaillement organisé par le club et affirme "J'ai passé la partie que j'aime le moins ! Ça va. Maintenant je vais pouvoir avancer". Suit une longue montée vers la plaine des Merles où le troisième pointage confirme qu'Ln monte correctement; (quatrième pointage : 915ème). Les nuages ont envahi le cirque de Salazie et plus elle monte, plus les gouttent sont épaisses.

Au revoir Salazie l'humide. En route vers Mafate la sèche.

C'est une chance, en ce milieu de journée, il ne fait pas chaud. Au départ du sentier Scout qui marque la descente dans le cirque de Mafate, elle change d'équipement (chaussures, chausettes et maillot). Si elle perd quelques places dans ce long ravitaillement (cinquième pointage : 969ème), elle est parée pour accélérer et profiter au maximum du reste de jour pour engranger des kilomètres.
Elle atteint Aurère dans une lumière mourante. Elle a descendu très correctement vers ce village (Sixième pointage : 919ème). Quelques places encore gagnées au septième pointage de Deux-Bras au fond du cirque (Huitième pointage : 909ème). Lorsqu'elle appelle pour donner de ses nouvelles, sa voix est basse, le lent débit de mots inquiéte. "Je ne sais pas si je vais y arriver, j'ai mal au genou. Je suis fatiguée.". Le coup de téléphone n'était donc passé que pour vérifier que la Première Compagnie était posté à Dos-d'Âne et pour se ménager un possible abandon. "Tu descends bien !". "Je mange, je me fais masser et je vois.". Vingt minutes plus tard, une voix requinquée, vive, annonce : "Je continue, je vais mieux !". Lorsqu'elle parait au débouché de la montée vers Dos d'Âne dans la nuit, son visage est marqué.

Minuit à Dos d'Âne. Touver de l'air après la rude montée.

Le pointage de Ratineau indique que la majorité des coureurs a ralenti son rythme en ce début de nuit et que les abandons sont maintenant nombreux la mi-course dépassée. Ln avance dans le classement suite à la belle montée qui l'a sortie de Mafate (neuvième pointage : 839ème). Elle s'enfonce dans le noir d'un chemin très technique jusqu'à la Possession où le stand de Deniv' l'attend. Arrivée au niveau de la mer, il n'est pas question d'abandon. Elle prend le temps de se changer, de se faire masser et de manger une crêpe. (dixième pointage 872ème).


La Possession ou comment se refaire une santé pour les 20 derniers kilomètres. 

Le jour levant l'accueille à La Grande Chaloupe. Elle aime ce chemin de pierre souvent détesté par beaucoup de coureurs. Elle fait un bond au classement (onzième pointage : 756ème), les abandons dans la nuit ont été importants à l'étape précédente). Il reste une montée et une descente et douze kilomètres pour atteindre le stade de la Redoute. Le pointage du Colorado confirme qu'Ln a jeté ses dernières forces (douxième pointage : 711ème). Elle a des crampes et doit se faire masser une dernière fois.

 Il reste cinq kilomètres dans une descente compliquée.Coach Jonhy l'attend sous le pont Vinh-San. Quelques encouragements vont la porter dans les derniers hectomètres jusqu'à l'entrée du stade de la Redoute et la clameur des spectateurs fait le reste. Elle lève les bras, le corps vidé, les traits très tirés dans une chaleur moite à 10h15, à la 725ème place au scratch et 39ème dans sa catégorie. La lourde médaille de finisher lui est passée autour du cou par une cousine. On l'embrasse, la félicite, la photographie sous tous les angles !





30h15' de course pour 92km et plus de 5000D+









Ln a bien géré sa course. Elle n'est pas blessée ni épuisée au sortir des 92km. Elle a bien grimpé, beaucoup mieux descendu que lors des précédentes courses, a pris le temps nécessaire pour s'alimenter et a négocié au mieux le gros coup de fatigue du 55ème kilomètre. Son classement est meilleur que celui de l'an dernier pour la Mascareignes. Au vu de ce bilan positif, la Diagonales des Fous pourraient être au programme de 2015. Rien n'est moins sur. Car pour être certaine de terminer cette course dantesque, deux années de préparation sont sans doute nécessaires.

dimanche 12 juin 2011

Qu'est ce qui vaut de manquer Eric Triton et Camélia Jordana au festival Sakifo ?

Depuis vendredi et pour trois soirées des artistes nombreux  se produisent au sud de l'île pour le plus grand festival de la Réunion : le "Safiko". Cette année, nous n'y allons pas malgré la présence de Camélia Jordana et de Eric Triton, deux idoles de la première compagnie.
Nous avions prévu depuis quelques semaines d'aller marcher du côté de Bebour-Bélouve.
Départ vendredi en milieu d'après-midi de Saint-Denis en auto, pour arriver avant la fin du jour au gîte. De la plaine des Palmistes, on traverse une forêt sur une vingtaine de kilomètres encerclée par les remparts vertigineux. et écrasée par les nuages bas. Nous arrivons juste à temps pour la dernière lumière dans le cirque de Salazie.

Le dîner en table d'hôte, cernée par des allemands, est un régal entre tarte au chou-chou, riz au grain, carry poulet et gâteau coco à la banane.

Le lendemain matin , nous sommes saisis par le froid dont la première compagnie a oublié la sensation depuis six ans. Moins de 10°c que le corps ne connaît plus ! Le lever du soleil est splendide dans le cirque et on découvre les hauteurs dont les noms commencent à nous devenir familiers : piton des neiges, roche écrite, piton marmite, cimendef...


Le petit déjeuner est avalé tranquillement alors que les randonneurs pressés quittent déjà les lieux. Notre programme est raisonnable. Il s'agit d'aller vers le pic des chèvres.
L'antenne TDF nous donne un autre point de vue plongeant sur Hell-Bourg dont on entend les bruits de la fête du chou-chou.

Nous avançons dans une forêt primaire. En dehors du chemin , impossible d'avancer tellement la végétation est dense. Ça et là, la troupe profite des points de vue jusqu'à ce que les nuages viennent ouater le paysage. La ballade est facile et les enfants donnent le rythme et discutent sans cesse de personnages fabuleux issus de dessins animés et de jeux-vidéos japonais. Passé le pic des chèvres, les passerelles et l'échelle, nous mangeons dans l'un des rares espaces ouverts rencontrés.


Nous sommes à près de 2000 mètres d'altitude dans une forêt étrange sans insecte dont les quelques sons des oiseaux sont absorbés par les mousses épaisses des arbres maintenant moins haut. On supporte la polaire puis le vêtement de pluie lorsque le nuage précipite ses gouttes. Le retour est agréable et une trouée nous permet de découvrir la plaine de Belouve.

Nous reprenons la voiture vers le chef-lieu et profitons à la maison avec nos amis d'un bon thé vert et de pâtisserie chocolatée pour nous requinquer.
Nous reviendrons, pour aller vers le trou de fer et surtout monter jusqu'au piton de neiges, sommet de la Réunion à plus de trois mille mètres. Nous l'avons prévu en octobre.