Hier, j'ai vécu une expérience passionnante comme assesseur d'un bureau de vote.
J'ai vu défiler les électeurs devant le cahier d'émargement que je leur tendais après qu'ils eurent glissé leur bulletin dans l'urne transparente et cadenassée.
Il y avait là dans cette salle de classe de CM2, un concentré de La Réunion, unie dans un même acte. Certes, ce bureau n'était pas représentatif. Néanmoins, j'y ai vu ce qui faisait que j'aime habiter sur cette île et j'ai été immergé dans l'essence même de la démocratie : le vote ! Quelques électeurs m'ont renvoyé à ma famille. C'est une troublante situation que de voir un des siens dans la personne qui vient signer.
J'ai vu les Kaf, les gros et petits blancs, les malbars, les zarab, les zoreil, les sinoi, des français d'origine malgache et africaine et la multitude de gens métissés. Il y avait des électeurs de tous âges même si la moyenne d'âge était sans doute de cinquante ans.
J'ai été ému par cette jeune née en 1999 qui venait voter pour la seconde fois. Elle est restée discuter avec le président du bureau sur l'importance d'aller voter. J'ai remercié particulièrement tous ceux qui avaient l'âge de mes deux aînés car il n'est pas simple de se démarquer de sa génération en exécutant cet acte civique. Les miens ne l'ont pas fait...
J'ai été ému par cette vieille femme si maigre et alerte, née en 1923. Venue seule, elle avait un large sourire quand elle a signé. Émue aussi par ce monsieur qui marchait avec une canne, handicapé par deux jambes raides. Il était avec son fils à qui il aurait pu donner une procuration. Avec difficulté et dignité, il a pris le temps de poser sa canne, de s'appuyer sur la table et de se pencher lentement pour déposer son bulletin.
J'ai vu ma grand-mère maternelle dans cette autre dame, née comme elle à Bombay en 1931. Comment ensuite était-elle arrivée à La Réunion ? Etait-elle déjà française ou a t elle été naturalisée ? Aujourd'hui, elle votait. Ma grand-mère était anglaise n'a jamais pu voter aux élections françaises. Cela la peinait, elle qui a passé sa vie en France pour y élever huit enfants.
En détaillant attentivement les lieux de naissance du cahier d'émargement, j'y ai vu ces Français aux noms à consonance italienne ou espagnole nés à Tunis, Casablanca ou Alger aux temps des colonies d'Afrique du Nord, pieds-noirs venus retrouver le soleil sur ce caillou volcanique. Je ne sais pourquoi, je les ai trouvé particulièrement sympathiques dans leur sourire et leur façon de nous souhaiter bon courage.
J'y ai vu ces Indiens nés à Pondichery ou sur la côte Malabar et j'ai imaginé leur famille quittant leur pays de misère pour une vie meilleure dans la France géographiquement la plus proche pour eux.
Dans ce bureau de vote, j'ai vu aussi quelques stars locales. Pour la première fois, j'ai serré la main à un évêque et souri à la gouaille de Madame Aude. J'ai vu l'air grave d'entrepreneurs locaux importants sans doute soucieux du résultat pour leurs affaires. J'ai fait signer des amis et des connaissances qui ne s'attendaient pas à me voir là et partagé quelques mots avec eux. Il y avait aussi de nombreux parents venus montrer à leurs enfants curieux comment se déroulait le vote.
J'ai vu, enfin, cette dame, née en Syrie à Alep. Il m'a semblé évident à l'instant précis de sa signature dans le petit cadre au bout de la ligne portant son nom que nous ne pouvions qu'être reconnaissants d'être là ou nous étions à pouvoir simplement exprimer notre choix.
Les pérégrinations de la Famille David dans l'océan Indien ou comment après Mayotte vivre à La Réunion.
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lundi 8 mai 2017
dimanche 11 octobre 2015
Gustave le chinois
L'heure des vacances scolaires a sonné pour les élèves de La Réunion. Ln est ravie de pouvoir souffler après sept semaines intenses. Philippine s'imagine déjà passer son temps devant la télévision et à lire. La première compagnie travaille le maximum possible.
Reste Gustave...
Le jeune adolescent s'est envolé aujourd'hui pour Pékin via Maurice et Hong-Kong pour un voyage de 17 jours avec sa classe : les 3ème X. Ils ont une bonne raison d'aller visiter l'empire du milieu. Ils étudient le mandarin depuis trois ans. Le programme est varié et il passera une semaine dans une famille chinoise.
C'est la deuxième fois que Gustave s'émancipe de ses parents. Il n'avait pas l'air d'angoisser à l'aéroport, très à l'aise au milieu de ses camarades. Pour les parents, c'est une première, aucun des trois garçons n'est au foyer.
Bien qu' à des milliers de kilomètres, la Chine est présente à La Réunion. Les descendants de l'émigration chinoise de la deuxième moitié du XIXème siècle, venue s'engager auprès des propriétaires terriens après l'abolition de l'esclavage, constitue une partie du peuplement réunionnais. Il est donc naturel de trouver l'enseignement du chinois dès le primaire. Poussé par ses parents, Gustave a choisi la bilangue du collège. Les deux premières années d'apprentissage n'ont pas été faciles. Depuis l'an dernier, il a passé un cap et gagné en confiance. Il a l'avantage de posséder une excellente oreille qui lui permet de reconnaître les intonations de cette langue complexe. La perspective du voyage, annoncé depuis un an, a été un élément de motivation également car il ne souhaitait pas être ridicule dans les conversations. Il a redoublé d'efforts.
Il est un sujet d'inquiétude pour Gustave : malgré quelques entraînements, il est incapable de se servir des baguettes. Manger sera un vrai challenge ! Peut être allons nous le retrouver amaigri....
Reste Gustave...
Le jeune adolescent s'est envolé aujourd'hui pour Pékin via Maurice et Hong-Kong pour un voyage de 17 jours avec sa classe : les 3ème X. Ils ont une bonne raison d'aller visiter l'empire du milieu. Ils étudient le mandarin depuis trois ans. Le programme est varié et il passera une semaine dans une famille chinoise.
C'est la deuxième fois que Gustave s'émancipe de ses parents. Il n'avait pas l'air d'angoisser à l'aéroport, très à l'aise au milieu de ses camarades. Pour les parents, c'est une première, aucun des trois garçons n'est au foyer.
Bien qu' à des milliers de kilomètres, la Chine est présente à La Réunion. Les descendants de l'émigration chinoise de la deuxième moitié du XIXème siècle, venue s'engager auprès des propriétaires terriens après l'abolition de l'esclavage, constitue une partie du peuplement réunionnais. Il est donc naturel de trouver l'enseignement du chinois dès le primaire. Poussé par ses parents, Gustave a choisi la bilangue du collège. Les deux premières années d'apprentissage n'ont pas été faciles. Depuis l'an dernier, il a passé un cap et gagné en confiance. Il a l'avantage de posséder une excellente oreille qui lui permet de reconnaître les intonations de cette langue complexe. La perspective du voyage, annoncé depuis un an, a été un élément de motivation également car il ne souhaitait pas être ridicule dans les conversations. Il a redoublé d'efforts.
Il est un sujet d'inquiétude pour Gustave : malgré quelques entraînements, il est incapable de se servir des baguettes. Manger sera un vrai challenge ! Peut être allons nous le retrouver amaigri....
mercredi 22 avril 2015
Onze ans !
Philippine a fêté ses onze ans.
Qu'est-ce qui a changé de l'anniversaire de ses dix ans ? Il y a presque le même groupe d'amis. On a joué à cache-cache toute l'après midi comme l'an passé, a peine goûté les deux gâteaux amoureusement cuisinés par la première compagnie, s'est gavé de bonbons gélifiés.
Il y a quelques centimètres en plus, les pieds sont plus grands que ceux de sa mère ce qui prédit une belle taille chez Philippine. Quant au caractère, il s'est affirmé, ce qui est à la fois rassurant, on sent une volonté farouche et une capacité à obtenir, et effrayant quand on pense à ces années d'adolescence qu'il va falloir immanquablement supporter.
En attendant, Philippine est encore dans l'enfance et au primaire pour quelques semaines et même si elle y fait des étincelles, c'est un bonheur que de l'écouter raconter ses journées de classe. Parents, nous profitons de cette insouciance.
Qu'est-ce qui a changé de l'anniversaire de ses dix ans ? Il y a presque le même groupe d'amis. On a joué à cache-cache toute l'après midi comme l'an passé, a peine goûté les deux gâteaux amoureusement cuisinés par la première compagnie, s'est gavé de bonbons gélifiés.
Il y a quelques centimètres en plus, les pieds sont plus grands que ceux de sa mère ce qui prédit une belle taille chez Philippine. Quant au caractère, il s'est affirmé, ce qui est à la fois rassurant, on sent une volonté farouche et une capacité à obtenir, et effrayant quand on pense à ces années d'adolescence qu'il va falloir immanquablement supporter.
En attendant, Philippine est encore dans l'enfance et au primaire pour quelques semaines et même si elle y fait des étincelles, c'est un bonheur que de l'écouter raconter ses journées de classe. Parents, nous profitons de cette insouciance.
samedi 21 février 2015
Fin de semaine sportive.
La Réunion est un terrain de jeu.
Samedi, Gustave était convoqué pour un match de phase finale de basket. Les siens l'ont emporté sur le fil grâce à un panier à trois points du plus petit de l'équipe. De quoi donner de l'espoir pour Gustave qui n'a pas joué une seule minute....il cire le banc, c'est une spécialité cette saison.
Dimanche, ses parents et sa sœur Philippine participait au championnat de cross de La Réunion à la Plaine des Palmistes sous un beau soleil. Ln qui est dans un cycle consacré à améliorer sa vitesse a fini 30ème. Philippine 18ème dans sa catégorie et la première compagnie 91ème. Le meilleur fut le pique-nique qui suivit avec les membres du club; une ambiance conviviale et un fameux poulet mariné grillé au barbecue.
Samedi, Gustave était convoqué pour un match de phase finale de basket. Les siens l'ont emporté sur le fil grâce à un panier à trois points du plus petit de l'équipe. De quoi donner de l'espoir pour Gustave qui n'a pas joué une seule minute....il cire le banc, c'est une spécialité cette saison.
Dimanche, ses parents et sa sœur Philippine participait au championnat de cross de La Réunion à la Plaine des Palmistes sous un beau soleil. Ln qui est dans un cycle consacré à améliorer sa vitesse a fini 30ème. Philippine 18ème dans sa catégorie et la première compagnie 91ème. Le meilleur fut le pique-nique qui suivit avec les membres du club; une ambiance conviviale et un fameux poulet mariné grillé au barbecue.
samedi 1 novembre 2014
Trail de Bourbon 2014: Ln en était !
Il est quatre heures samedi matin lorsqu'LN débute la plus longue épreuve à laquelle elle n'aie jamais participé.
Elle s'est entrainée régulièrement depuis le début de l'année, sur la piste, en ville et dans les sentiers escarpés avec deux objectifs principaux : être capable de parcourir 92km et descendre plus vite.
Pour mettre encore plus de chance de son côté, la famille est depuis mercredi à Cilaos, ville départ de la course. Une acclimatation à l'altitude avec quelques coureurs du club Deniv' qui partagent le chalet de Mme Nassibou.
Lorsque les 1300 semi-fous coupent la ligne de départ, le temps est incertain. La veille les fous de la grande course du week-end (172km) ont pris l'eau deux nuits. On aperçoit Ln le long de la Mare à Joncs dans le bloc compact qui va se dissoudre avec les premiers kilomètres.
Dès la sortie de Cilaos, Ln commence à grimper vers le gîte du Piton des neiges en passant par le Kerveguen qui bouchonne quelque peu. Premier pointage (Gîte du Piton): 913ème. Ln n'aime pas la partie suivante, souvent grasse et technique. Elle y est tombée lors d'une reconnaissance. Deuxième pointage (Gîte de bélouve) : 1043ème. A la sortie du sentier qui l'amène vers Hell-Bourg (troisième pointage : 1109ème), elle s'arrête quelques instants au ravitaillement organisé par le club et affirme "J'ai passé la partie que j'aime le moins ! Ça va. Maintenant je vais pouvoir avancer". Suit une longue montée vers la plaine des Merles où le troisième pointage confirme qu'Ln monte correctement; (quatrième pointage : 915ème). Les nuages ont envahi le cirque de Salazie et plus elle monte, plus les gouttent sont épaisses.
C'est une chance, en ce milieu de journée, il ne fait pas chaud. Au départ du sentier Scout qui marque la descente dans le cirque de Mafate, elle change d'équipement (chaussures, chausettes et maillot). Si elle perd quelques places dans ce long ravitaillement (cinquième pointage : 969ème), elle est parée pour accélérer et profiter au maximum du reste de jour pour engranger des kilomètres.
Elle atteint Aurère dans une lumière mourante. Elle a descendu très correctement vers ce village (Sixième pointage : 919ème). Quelques places encore gagnées au septième pointage de Deux-Bras au fond du cirque (Huitième pointage : 909ème). Lorsqu'elle appelle pour donner de ses nouvelles, sa voix est basse, le lent débit de mots inquiéte. "Je ne sais pas si je vais y arriver, j'ai mal au genou. Je suis fatiguée.". Le coup de téléphone n'était donc passé que pour vérifier que la Première Compagnie était posté à Dos-d'Âne et pour se ménager un possible abandon. "Tu descends bien !". "Je mange, je me fais masser et je vois.". Vingt minutes plus tard, une voix requinquée, vive, annonce : "Je continue, je vais mieux !". Lorsqu'elle parait au débouché de la montée vers Dos d'Âne dans la nuit, son visage est marqué.
Le pointage de Ratineau indique que la majorité des coureurs a ralenti son rythme en ce début de nuit et que les abandons sont maintenant nombreux la mi-course dépassée. Ln avance dans le classement suite à la belle montée qui l'a sortie de Mafate (neuvième pointage : 839ème). Elle s'enfonce dans le noir d'un chemin très technique jusqu'à la Possession où le stand de Deniv' l'attend. Arrivée au niveau de la mer, il n'est pas question d'abandon. Elle prend le temps de se changer, de se faire masser et de manger une crêpe. (dixième pointage 872ème).
Le jour levant l'accueille à La Grande Chaloupe. Elle aime ce chemin de pierre souvent détesté par beaucoup de coureurs. Elle fait un bond au classement (onzième pointage : 756ème), les abandons dans la nuit ont été importants à l'étape précédente). Il reste une montée et une descente et douze kilomètres pour atteindre le stade de la Redoute. Le pointage du Colorado confirme qu'Ln a jeté ses dernières forces (douxième pointage : 711ème). Elle a des crampes et doit se faire masser une dernière fois.
Il reste cinq kilomètres dans une descente compliquée.Coach Jonhy l'attend sous le pont Vinh-San. Quelques encouragements vont la porter dans les derniers hectomètres jusqu'à l'entrée du stade de la Redoute et la clameur des spectateurs fait le reste. Elle lève les bras, le corps vidé, les traits très tirés dans une chaleur moite à 10h15, à la 725ème place au scratch et 39ème dans sa catégorie. La lourde médaille de finisher lui est passée autour du cou par une cousine. On l'embrasse, la félicite, la photographie sous tous les angles !
Ln a bien géré sa course. Elle n'est pas blessée ni épuisée au sortir des 92km. Elle a bien grimpé, beaucoup mieux descendu que lors des précédentes courses, a pris le temps nécessaire pour s'alimenter et a négocié au mieux le gros coup de fatigue du 55ème kilomètre. Son classement est meilleur que celui de l'an dernier pour la Mascareignes. Au vu de ce bilan positif, la Diagonales des Fous pourraient être au programme de 2015. Rien n'est moins sur. Car pour être certaine de terminer cette course dantesque, deux années de préparation sont sans doute nécessaires.
Elle s'est entrainée régulièrement depuis le début de l'année, sur la piste, en ville et dans les sentiers escarpés avec deux objectifs principaux : être capable de parcourir 92km et descendre plus vite.
Pour mettre encore plus de chance de son côté, la famille est depuis mercredi à Cilaos, ville départ de la course. Une acclimatation à l'altitude avec quelques coureurs du club Deniv' qui partagent le chalet de Mme Nassibou.
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| Mise au vert à Ciloas |
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| Dernier entrainement : 20' à allure lente-Cilaos |
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| Quelques minutes avant le départ du Trail de bourbon. |
Dès la sortie de Cilaos, Ln commence à grimper vers le gîte du Piton des neiges en passant par le Kerveguen qui bouchonne quelque peu. Premier pointage (Gîte du Piton): 913ème. Ln n'aime pas la partie suivante, souvent grasse et technique. Elle y est tombée lors d'une reconnaissance. Deuxième pointage (Gîte de bélouve) : 1043ème. A la sortie du sentier qui l'amène vers Hell-Bourg (troisième pointage : 1109ème), elle s'arrête quelques instants au ravitaillement organisé par le club et affirme "J'ai passé la partie que j'aime le moins ! Ça va. Maintenant je vais pouvoir avancer". Suit une longue montée vers la plaine des Merles où le troisième pointage confirme qu'Ln monte correctement; (quatrième pointage : 915ème). Les nuages ont envahi le cirque de Salazie et plus elle monte, plus les gouttent sont épaisses.
| Au revoir Salazie l'humide. En route vers Mafate la sèche. |
C'est une chance, en ce milieu de journée, il ne fait pas chaud. Au départ du sentier Scout qui marque la descente dans le cirque de Mafate, elle change d'équipement (chaussures, chausettes et maillot). Si elle perd quelques places dans ce long ravitaillement (cinquième pointage : 969ème), elle est parée pour accélérer et profiter au maximum du reste de jour pour engranger des kilomètres.
Elle atteint Aurère dans une lumière mourante. Elle a descendu très correctement vers ce village (Sixième pointage : 919ème). Quelques places encore gagnées au septième pointage de Deux-Bras au fond du cirque (Huitième pointage : 909ème). Lorsqu'elle appelle pour donner de ses nouvelles, sa voix est basse, le lent débit de mots inquiéte. "Je ne sais pas si je vais y arriver, j'ai mal au genou. Je suis fatiguée.". Le coup de téléphone n'était donc passé que pour vérifier que la Première Compagnie était posté à Dos-d'Âne et pour se ménager un possible abandon. "Tu descends bien !". "Je mange, je me fais masser et je vois.". Vingt minutes plus tard, une voix requinquée, vive, annonce : "Je continue, je vais mieux !". Lorsqu'elle parait au débouché de la montée vers Dos d'Âne dans la nuit, son visage est marqué.
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| Minuit à Dos d'Âne. Touver de l'air après la rude montée. |
Le pointage de Ratineau indique que la majorité des coureurs a ralenti son rythme en ce début de nuit et que les abandons sont maintenant nombreux la mi-course dépassée. Ln avance dans le classement suite à la belle montée qui l'a sortie de Mafate (neuvième pointage : 839ème). Elle s'enfonce dans le noir d'un chemin très technique jusqu'à la Possession où le stand de Deniv' l'attend. Arrivée au niveau de la mer, il n'est pas question d'abandon. Elle prend le temps de se changer, de se faire masser et de manger une crêpe. (dixième pointage 872ème).
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| La Possession ou comment se refaire une santé pour les 20 derniers kilomètres. |
Le jour levant l'accueille à La Grande Chaloupe. Elle aime ce chemin de pierre souvent détesté par beaucoup de coureurs. Elle fait un bond au classement (onzième pointage : 756ème), les abandons dans la nuit ont été importants à l'étape précédente). Il reste une montée et une descente et douze kilomètres pour atteindre le stade de la Redoute. Le pointage du Colorado confirme qu'Ln a jeté ses dernières forces (douxième pointage : 711ème). Elle a des crampes et doit se faire masser une dernière fois.
Il reste cinq kilomètres dans une descente compliquée.Coach Jonhy l'attend sous le pont Vinh-San. Quelques encouragements vont la porter dans les derniers hectomètres jusqu'à l'entrée du stade de la Redoute et la clameur des spectateurs fait le reste. Elle lève les bras, le corps vidé, les traits très tirés dans une chaleur moite à 10h15, à la 725ème place au scratch et 39ème dans sa catégorie. La lourde médaille de finisher lui est passée autour du cou par une cousine. On l'embrasse, la félicite, la photographie sous tous les angles !
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| 30h15' de course pour 92km et plus de 5000D+ |
Ln a bien géré sa course. Elle n'est pas blessée ni épuisée au sortir des 92km. Elle a bien grimpé, beaucoup mieux descendu que lors des précédentes courses, a pris le temps nécessaire pour s'alimenter et a négocié au mieux le gros coup de fatigue du 55ème kilomètre. Son classement est meilleur que celui de l'an dernier pour la Mascareignes. Au vu de ce bilan positif, la Diagonales des Fous pourraient être au programme de 2015. Rien n'est moins sur. Car pour être certaine de terminer cette course dantesque, deux années de préparation sont sans doute nécessaires.
dimanche 12 octobre 2014
Famille sportive, Philippine en est !
Philippine a ajouté une activité à son emploi du temps de la semaine. Profitant de journées moins chargée grâce aux nouveaux rythmes scolaires des écoles, elle est maintenant inscrite à l'athlétisme. Les lundi et vendredi, elle s'entraine sur la piste du stade de champs-fleuri à l'image de ses parents.
Sa première compétition se déroulait dans un quartier de Saint-Denis dénommé "Commune Primat". Elle participait à un relais de marche.
Le week-end dernier, il s'agissait toujours d'un relais mais en course cette fois dans la cadre du relais de Saint-Denis, dont c'était la soixantième édition. Bonheur de passer le relais à sa mère qui le passait elle-même à son fils !

Philippine en est ! Une sportive comme tous les membres de la famille DAVID.
Sa première compétition se déroulait dans un quartier de Saint-Denis dénommé "Commune Primat". Elle participait à un relais de marche.
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| Échauffement |
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| Style à revoir... |
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| Celui-là échappera cette fois-ci à la honte de se faire doubler par une fille ! |
Le week-end dernier, il s'agissait toujours d'un relais mais en course cette fois dans la cadre du relais de Saint-Denis, dont c'était la soixantième édition. Bonheur de passer le relais à sa mère qui le passait elle-même à son fils !
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| Repérage et encouragements |
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| Échauffement : "Maman, t'es molle !" (véridique ) |
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| Prise du témoin dans la foule des coureurs |
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| Apprentissage : partie vite, Philippine souffre ! |

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| Ln vole ! |
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| Tiens mon fils ! |
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| Frusté de se faire doubler... |
dimanche 20 octobre 2013
Ln sur la Mascareignes 2013
Vendredi 18 octobre 2013 fut le jour le plus important d'Ln dans sa vie de sportive.
La journée a commencé à 00h30 par le levé et un petit déjeuner normal. Elle a réveillé la première compagnie qui l’emmène à l'Eglise de la Délivrance, lieu du rendez vous pour monter dans un minibus chargé de Déniviens, fringants et équipés magnifiquement qui partent pour Hell-Bourg.
Arrivée moins d'une heure avant le départ, notre coureuse préférée n'a pas eu le temps de ronger son frein; pointage, contrôle des sacs, quelques échauffements et la voilà lâchée sur le sentier, une lampe frontale ajustée sur la tête, l'autre dans une main pour éclairer devant ses pieds. Il est 4h00.
Ses sensations sont bonnes dans la montée qui mène au sentier Scout. Elle y retrouve la première compagnie dans une petite foule très excitée par le passage de la premières des trois courses du week-end. Changement de chaussures, de chaussettes, de tee-shirt, elle repart pour une longue descente jusqu'à deux bras qui représente la principale difficulté en termes de barrière horaire. Ln n'apprécie pas les descentes. Un mélange de manque de technique et d'appréhension lui fait perdre tout le gain obtenu dans les montées.
A distance, la magie de l’électronique permet de la suivre et de nous rassurer. Elle passe deux bras trente minutes avant la fermeture du poste.
Nous la retrouvons avec quelques autres suiveurs à Dos d’Âne. L'ambiance est terrible à cet endroit. Les supporters, nombreux, hurlent les prénoms de chaque coureur à leur passage. Un orchestre improvisé donne le rythme du Maloya à tous. Ln avale un peu de pain et du chocolat, se fait masser rapidement par son z'hom et repart pour la deuxième moitié de la course qu'elle sait compliquée.
Lorqu'elle arrive à la Possession, le visage tendu, les premiers mots sont : "J’arrête !". La formidable équipe d'assistance du club s'occupe d'elle façon "team de F1". Une masseuse à chaque jambe, deux équipiers pour l'eau et le solide. Un autre pour le changement de chaussettes, de t-Shirt; nettoyage succin des bras, du visage et du cou, elle quitte le poste magnifiquement requinquée en lançant "Ça fait plaisir de vous voir".
La première compagnie la retrouve à la fin jour à la Grande Chaloupe où, il n'est plus question d’arrêter bien que cela soit vraiment dur d'avancer. Il reste moins de treize kilomètres avec une dernière montée sur un ancien chemin empierré. La première compagnie la laisse s'enfoncer dans la nuit.
Au Colorado, elle tombe sur notre cousine venue en voisine lui faire une surprise et l'encourager avant la dernière descente vers le stade de la Redoute. Il lui faudra un courage immense pour ces derniers kilomètres. A quelques hectomètres, elle est dépassé par un grand jeune homme. Entendant son pas, elle s'écarte. "Merci Madame !". Sans le savoir, elle vient de croiser le vainqueur du Grand Raid.
Au stade, les groupies l'attendent. Lorsqu'elle parait à l'entrée du stade, elle ne tourne pas la tête vers le public bien que nous l'interpellions avec force; les efforts pour courir les derniers mètres avant la ligne semblent mobiliser toute sa dernière énergie après 18h et 20 minutes de course.
Lorsqu'elle nous voit, au delà du portique d'arrivée, le t-shirt de finisher à la main et une médaille autour du cou, les larmes lui viennent. Elle n'est pas contente de sa course.
Nous savons qu'il lui faudra d'abord récupérer quelques temps avant de savourer cette performance.C'est son premier raid d'envergure : 67km, 4000m D+. Sur 1400 au départ, moins de neuf cent sont classés. 756ème, elle est 44ème dans sa catégorie.
Bravo Ln, la bière Hipo de Mayotte est méritée !
La journée a commencé à 00h30 par le levé et un petit déjeuner normal. Elle a réveillé la première compagnie qui l’emmène à l'Eglise de la Délivrance, lieu du rendez vous pour monter dans un minibus chargé de Déniviens, fringants et équipés magnifiquement qui partent pour Hell-Bourg.
Arrivée moins d'une heure avant le départ, notre coureuse préférée n'a pas eu le temps de ronger son frein; pointage, contrôle des sacs, quelques échauffements et la voilà lâchée sur le sentier, une lampe frontale ajustée sur la tête, l'autre dans une main pour éclairer devant ses pieds. Il est 4h00.
Ses sensations sont bonnes dans la montée qui mène au sentier Scout. Elle y retrouve la première compagnie dans une petite foule très excitée par le passage de la premières des trois courses du week-end. Changement de chaussures, de chaussettes, de tee-shirt, elle repart pour une longue descente jusqu'à deux bras qui représente la principale difficulté en termes de barrière horaire. Ln n'apprécie pas les descentes. Un mélange de manque de technique et d'appréhension lui fait perdre tout le gain obtenu dans les montées.
A distance, la magie de l’électronique permet de la suivre et de nous rassurer. Elle passe deux bras trente minutes avant la fermeture du poste.
Nous la retrouvons avec quelques autres suiveurs à Dos d’Âne. L'ambiance est terrible à cet endroit. Les supporters, nombreux, hurlent les prénoms de chaque coureur à leur passage. Un orchestre improvisé donne le rythme du Maloya à tous. Ln avale un peu de pain et du chocolat, se fait masser rapidement par son z'hom et repart pour la deuxième moitié de la course qu'elle sait compliquée.
La première compagnie la retrouve à la fin jour à la Grande Chaloupe où, il n'est plus question d’arrêter bien que cela soit vraiment dur d'avancer. Il reste moins de treize kilomètres avec une dernière montée sur un ancien chemin empierré. La première compagnie la laisse s'enfoncer dans la nuit.
Au stade, les groupies l'attendent. Lorsqu'elle parait à l'entrée du stade, elle ne tourne pas la tête vers le public bien que nous l'interpellions avec force; les efforts pour courir les derniers mètres avant la ligne semblent mobiliser toute sa dernière énergie après 18h et 20 minutes de course.
Lorsqu'elle nous voit, au delà du portique d'arrivée, le t-shirt de finisher à la main et une médaille autour du cou, les larmes lui viennent. Elle n'est pas contente de sa course.
Nous savons qu'il lui faudra d'abord récupérer quelques temps avant de savourer cette performance.C'est son premier raid d'envergure : 67km, 4000m D+. Sur 1400 au départ, moins de neuf cent sont classés. 756ème, elle est 44ème dans sa catégorie.
Bravo Ln, la bière Hipo de Mayotte est méritée !
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