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vendredi 6 septembre 2013

Hell-Bourg

Faire l'assistance pour LN qui prépare la Mascareignes présente quelques inconvénients (perte de temps et beaucoup de kilomètres en voiture) et quelques avantages dont les moindres sont de redécouvrir les paysages et villages de La Réunion.
Ainsi le week-end dernier, Ln devait effectuer une reconnaissance de la première partie de son futur parcours : Hell-Bourg/Sentier Scout. L'occasion était belle pour visiter le cimetière d'Hell-Bourg.

On remarque à l'entrée du village, le monument aux morts de la grande guerre avec deux particularités : les noms des soldats d'Hell-Bourg tombés au front ne sont pas mentionnés et le thème de la statue, inédit pour ce type de commémoration Il s'agit d'une femme (Jeanne d'Arc dit-on) levant son bouclier et une fleur au ciel. Sa poitrine nue, certes modeste, a fait scandale en son temps.
Le village possède des cases créoles typiques et bien entretenues. L'économie est tournée vers le tourisme et l'agriculture (il y a une fameuse fête du chou-chou à Hell-Bourg). Hell Bourg était prisée des gens de la haute société pour ses températures agréables loin de la touffeur côtière et pour ses thermes. Plus accessibles à l'époque que celles de Cilaos, elle a perdu aujourd'hui cette activité. Le besoin de bien-être trouve maintenant son assouvissement dans les spas et massages des hôtels de luxe des plages de l'ouest de l'île.


Le cimetière d'Hell-Bourg est un des lieux à aller voir. Une pancarte au dessus de l'entrée indique d'emblée la raison de cet intérêt : "Cimetière paysager". On est frappé immédiatement par le foisonnement de couleurs florales. Les tombes les plus anciennes, celles de la noblesse sont à l'entrée. Plus imposantes, elles sont aussi moins fleuries. Les noms disparaissent avec l'érosion des inscription sur le marbre terni. Celles du petit peuple d'Hell-Bourg sont presque toutes au même format. Disposées façon irrégulière ,elles se composent d'un rectangles sans dalle le plus souvent. Une simple croix noire est scellée avec le nom du défunt. Le plus souvent plusieurs membres d'une famille reposent ensemble. Il y a donc plusieurs croix noirs sur le bord de la tombe.Les fleurs sont plantées massivement au centre du rectangle formant la tombe ou autour d'elle. En saison des pluies, l'effet est encore plus spectaculaire. Le cimetière ouvre la perspective sur le cirque de Salazie côté nord. Le cadre majestueux est propice à l'apaisement. La vie végétale dans cet écrin de pierre l'emporte sur notre triste condition de mortel.


Dans les figures qui reposent dans le cimetière, on trouve un écossais et le poète Auguste Lacaussade, dont les cendres ont été rapatriés de métropole selon son souhait plus de cent ans après sa mort. Sa tombe, située à l'opposé de l'entrée, en bordure du cimetière ne présente aucune particularité esthétique; les amis de Lacaussade n'ont pu faire mieux pour lui rendre hommage.

Quitter Hell-Bourg par la route et ses lacets offre une belle vue sur le Piton d'Anchaing et sa légende.



Ln n'aura guère le loisir de profiter à nouveau d'Hell-Bourg. Le départ de la course est à 4h du matin !




samedi 18 mai 2013

Sur les sentiers de Salazie.

Tout comme son fils Gustave progresse en basket, Ln s'améliore en course à pied. Elle a fait le choix du raid pour les compétitions, ce qui est une vraie bonne idée pour partir à la découverte des cirques par leurs sentiers. Ln profite du cadre de la course et les autres membres de la famille également puisqu'il faut souvent l'accompagner, la suivre pour l'encourager dans son rude labeur qui consiste à mettre un pied devant l'autre le plus vite possible dans la pente.
La Salazienne qui comme son nom l'indique se déroule dans le cirque de Salazie  a été le dernier théâtre des exploits d'Ln et a réuni pour sa deuxième édition quelques deux cent vingt coureurs au petit matin dans le village rural de Grand Ilet.
Afin qu'Ln soit dans les meilleures conditions, nous avions décidé d'être sur place la veille. Nous avons dormi dans un gîte, à l'accueil chaleureux et fameux pour sa cuisine créole; nous avons dégusté l'incontournable mousse de goyaviers de saison au milieu d'une cinquantaine de clients occupant la grande salle à manger, tous réunis pour la course du lendemain.
Le lever du soleil vient rougir le haut les rampes au pied desquels les valeureux coureurs s'échauffent. Ils ont de la chance, la journée promet d'être belle. Le cirque de Salazie est un des endroits les plus pluvieux de La Réunion et détient le record mondial de pluie tombée en vingt-quatre heures. Tout est vert et courir dans les nuages et sous la pluie est donc fréquent.
Le départ est donné à l'heure et après un courte pente, les participants descendent vers le Piton d'Anchaing.
La première compagnie, Gustave et Philippine laisse l’héroïne du jour sur ces quinze premiers kilomètres, prennent le petit déjeuner tranquillement puis rejoignent la course au milieu d'une forêt de Filaos traversée par une rivière. L'endroit est magnifique. Ils applaudissent les coureurs jusqu'au passage d'Ln qui est pile dans la temps prévu après trois heures et demie de course. Le plus dur commence alors puisqu'il faut grimper jusqu'au Col de Fourche. La famille rebrousse chemin et décide d'aller au Col des Bœufs point culminant de la course que les coureurs empruntent également après un court passage dans le cirque de Mafate. Les points de vue sur les deux cirques sont somptueux, les coureurs éreintés après s'être élevés à plus deux mille mètres y sont sensibles et se posent quelques instants autant pour souffler que pour admirer la géographie tourmentée des lieux sous le soleil qui illumine plateaux, pitons et remparts.
Ln arrive au col sous les vivas de ses enfants, vingt-cinq kilomètres ont été avalés, il en reste dix en descente. Elle est fatiguée, son objectif est maintenant de mettre moins de huit heures pour rejoindre l'arrivée à Grand Ilet.
Nous la croisons souvent dans les lacets de la route qui croise le chemin de randonnée et l'encourageons. Ln arrive avant la remise des récompenses des premiers et en deux fois le temps du premier ce qui satisfait la première compagnie. C'est la plus grande distance jamais courue pour Ln. Elle repart de Salazie avec des œufs locaux et deux kilos de chouchou, récompenses sympathiques offertes aux finisseurs. Elle repart aussi avec quelques convictions sur ses capacités et une confirmation sur les progrès nécessaires à effectuer en descente. Nous repartons tous avec de belles images en tête et le sentiment d'avoir pu à une heure de Saint-Denis nous être totalement dépaysés dans un écrin de verdure cernés par les remparts vertigineux persillés ça et la de cascades blanches longues et fines.

Grand Îlet

Départ 2ème édition de la Salazienne







En attendant maman...

Entre le Col de Fourche et le Col des Bœufs


La massif du Piton des Neiges

Salazie
Mafate

Plus que 10 km !

Le Piton d'Anchaing au milieu du cirque et au fond la mer.

Seuls les mauvais esprits verront un lien entre le panneau et Ln


35 km et 2300+ en moins de 8h.

Un sac de chou-chous à cuisiner !